Accoucher sans péri (quand tu ne l’as pas choisi)

 

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Je vais te raconter l’arrivée de ma deuxième. Si tu es enceinte actuellement, je te demanderais de quitter cette page. Ne jamais lire les histoires d’accouchement des autres avant d’en avoir vécu un soi-même, règle basique. On est en octobre, je suis quasiment à terme. J’ai hâte, je compte les jours, je guette la pleine lune.  Aucun symptôme particulier, l’examen de lundi matin a montré un col fermé, j’avais donc encore quelques jours à patienter avant de rencontrer mon bébé et de revivre ce moment magique. Tout avait été si parfait pour mon premier.  Lundi soir, le grand est couché, il est 22.00 quand je ressens une contraction d’outre tombe. Une de celle qui t’empêche de respirer, de parler, de bouger. Une seule contraction et je sais que c’est maintenant qu’il faut qu’on aille à la maternité. Nous n’attendrons pas que ma mère vienne chercher mon fils, nous le réveillons et le portons jusqu’à la voiture. La maternité est à 100 mètres, nous arrivons dans le hall. Une deuxième contraction me terrasse. Je sais que mon fils est là, qu’il me voit. Je préfère m’éloigner car cette douleur, je ne la maitrise pas, et je ne veux pas qu’il me voit comme ça. Une sage-femme vient à ma rencontre, elle m’emmène en salle et me fait allonger. Il est 22.15. Je la supplie de me poser la péridurale. A son regard désolé je comprend que je ne l’aurais pas, qu’il est trop tard. Je remarque aussi sa panique. Elle est très jeune, elle est seule, elle ne supporte pas de me voir souffrir ainsi et me demande d’arrêter de hurler.  J’entends encore ces cris inhumains qui sortaient de ma bouche, je me souviens de cette souffrance au delà du supportable, avec cette impression de ne pas vivre la scène, mais d’en être le spectateur impuissant. La sage-femme voudrait aller chercher de l’aide, je la rattrape et lui dis de faire attention, ma fille va tomber, il faut qu’elle reste là. Une vague d’une puissance inimaginable traverse alors mon ventre, il est 22.30. Ma fille est née. Je ne me souviens pas de son premier cri. Je ne me souviens pas du premier peau à peau. Black out total, sonnée, à terre. Mon corps a donné naissance à ma fille, moi je n’ai rien pu faire. J’ai subi mon accouchement, à défaut de l’avoir vécu. Si je m’étais préparée à accoucher sans péridural, peut être aurais-je pu gérer un peu plus, peut-être que j’aurais pu prendre le contrôle à un moment donné…  Il m’a fallu des mois pour accepter, pour comprendre, pour me refaire l’histoire plusieurs fois et finalement pour pouvoir tourner la page, et en garder malgré tout, un très beau souvenir.

16 commentaires sur “Accoucher sans péri (quand tu ne l’as pas choisi)

  1. Comme je te comprends…. Pour moi, c’était voulu la 1ère fois et ce fut un traumatisme. Je dis toujours aussi, que j’ai subi et pas vécu mon accouchement. Pour mon mari aussi d’ailleurs ce fut très difficile. Nous ne savions pas jusqu’à ce jour, que je pouvais hurler…

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  2. Votre réflexion est totalement juste: il faut se préparer à accoucher sans péridurale…pour mes trois aînés je savais que je n’en aurais pas (problème d’allergie anesthésique au cours d’une intervention adolescente et pas envie de prendre des risques pour les anesthésistes) mais pour les deux derniers je sentais qu’il m’en fallait une tellement la douleur est grande et l’accouchement pénible sans péridurale…et je les ai eu…genialissime carrément…mais pour mon 5eme j’ai du me battre et parler très sèchement à la sage femme (moi qui ne contredis jamais le corps médical et râle rarement) pour avoir cette péridurale qu’elle estimait « inutile » je l’ai eu, je ne la regrette absolument pas car comme vous le dites, je ne m’étais pas préparée à accoucher sans!

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  3. Violent en effet, violent car ultra rapide, la péridurale moi non plus malheureusement je ne sais pas ce que c’est… j’aurais tant aimé 😉 Je me suis entendue hurler, les deux fois, la première fois j’ai fait peur au papa qui était avec sa femme dans la salle d’à côté (oups) la seconde fois à mon conjoint qui était seul à gérer l’accouchement (avec moi quand même) puisque BB2 est arrivé en catastrophe @home. Tu as raison, une femme n’ayant pas encore eu d’enfant ne devrait pas lire nos récits.

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  4. Avant d’avoir mon fils, même si je lisais des récits d’accouchement, je me disais que quand même, la planète est surpeuplé, toutes les femmes accouchent un jour ou l’autre, bref ça doit être douloureux mais voilà pas la mort non plus. Je suis arrivée le 25 décembre 2014 (je devais accoucher le 14 janvier normalement) a l’hôpital avec ma petite robe moulante, mes collants, make up, brushing, bref j’étais pas du tout dans l’optique d’accoucher mais plus de manger ma dinde et ma buche de noel. J’avais des contractions, mais le personnel médical m’avais tellement dit de pas se précipiter, que les contractions commençaient bien avant le travail, que j’étais assez détente même si je commencer a vraiment morfler. Quand j’ai été ausculté et qu’on m’a dit « vous êtes dilaté a 7 », j’ai compris que je n’aurais pas de péridurale. Salle d’accouchement, une petite heure a souffrir comme ce n’est pas descriptible, le bonheur d’une épisiotomie, pour arriver a mettre au monde ma petite crevette. Je l’entendais pleurer, c’était insupportable, je le détestais. J’ai refusé le peau a peau. Puis un trop pleins d’amour m’a envahit mais c’est faux on n’oublie jamais.

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  5. Merci de m’avoir indiqué cet article. Il m’a donné des frissons et une petite larme à l’oeil… Je suis désolée que tu aies vécu ton accouchement de cette manière. Ça ne fait que confirmer mon idée que la préparation à l’accouchement doit être plus efficace, et doit préparer à accoucher effectivement, peu importe que l’on opte pour la péridurale ou non (et ton expérience montre bien que malgré nos choix, la réalité vient parfois nous rattraper et nous prendre au dépourvu).

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  6. J’ai un accouchement sans péri aussi mais je l’ai mieux vécu que toi car je pense je le voulais sans savoir ce qui m’attendait… Mais comme toi j’étais comme sonnée à l’expulsion, j’ai mis plusieurs minutes à m’en remettre.

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    1. Je ne m’y attendais absolument pas, et surtout je n’est pas du tout été actrice dans l’histoire. Ma fille est sortie sans la moindre poussée. Je n’ai rien pu faire, d’où ce sentiment d’impuissance qui a mis du temps à s’estomper. Tu as eu très mal toi ?

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      1. Oui j’ai eu très très mal, pourtant je me considère comme dur au mal, lombalgies chroniques obligent. Je retenais/poussais dans la voiture, 20 min de route, où je gérais rien, je criais, mon mari qui roulait comme un taré pour abréger le trajet. Arrivés en bas de la mater à 7h40, le temps d’appeler quelqu’un, d’avoir un fauteuil pour monter jusqu’en salle d’accouchement, s’allonger sur la table et d’écarter les jambes, la petite était là à 7h48… Bref, intense, rapide, mais violent et très douloureux. J’ai encore un souvenir très net de tout ça, la petite a deux mois, j’ai vraiment l’impression d’avoir été au bout de moi même, de ma souffrance, de mes possibilités de tolérance (bon en même temps, j’ai pas tenté l’amputation sans anesthésie lol). J’en garde un bon souvenir et j’ai eu une récupération rapide aussi c’est l’avantage.

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