Le grand frère

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Je crois que c’est toi que je comprends le mieux, car à travers toi, je me revois moi. Comme toi je suis l’ainée d’une famille nombreuse, et comme toi j’ai essuyé les plâtres des parents débutants. Comme toi j’ai ouvert la voie à mes frères et soeurs, et comme toi, j’ai eu très vite le sentiment qu’il fallait ne pas trop faire l’andouille – maman était déjà si occupée avec les petits. On dit de toi que tu es un petit garçon angoissé, et moi je lutte de toutes mes forces pour que personne ne te mette ces étiquettes qui m’ont collées trop longtemps. Et pourtant je les remarque, ces petites manies qui prennent parfois trop de place, je les entends, les questions que tu me poses sur l’emploi du temps de demain, alors que tu devrais déjà dormir depuis longtemps. C’est peut-être parce qu’on se ressemble tant qu’on se protège autant.  Mais je sais qu’il faut que je fasse attention. Ta façon de poser sur moi tes grands yeux inquiets quand je commence à crier un peu trop fort et ton besoin constant d’atténuer mon mal-être quand parfois c’est trop difficile, ça n’est pas ta mission. La seule préoccupation que devrait avoir un enfant de 8 ans est celle de classer ses cartes Pokemon. Alors n’oublie jamais que tu peux compter sur moi mon grand, je ne vous laisserai jamais tomber toi et tes frères et soeurs, c’est ma mission de maman. Même quand ça crie, même quand ça pleure, même quand ça braille, c’est le rôle que j’ai choisi et que j’assume avec plaisir, même si tu ne t’en rends pas toujours compte. Et toi, s’il te plait, continue de faire l’andouille sans te soucier du reste, c’est ta seule mission, mon fils.

 

9 commentaires sur “Le grand frère

  1. Bonjour, je découvre aujourd’hui votre blog, et je suis très touchée par vos articles, mêlant sincérité , humour et objectivité sur votre vie de maman, je me retrouve dans vos mots , et cela fait du bien de lire enfin ce que peut être une vie de maman, en vrai, sans filtre : un mélange de grands bonheurs , de grandes difficultés teintées quelquefois d’angoisse . Merci !
    Cet article me renvoit tout particulièrement à ma propre expérience, j’ai un grand qui vient d’avoir 8 ans , et l’arrivée de mes jumeaux il y a 3 ans n’a pas été de tout repos pour nous tous mais pour lui d’abord , j’ai parfois la sensation qu’il est déjà bien trop adulte et préoccupé par des choses qui ne devraient pas polluer son esprit de petit garçon , mais peut-être est-ce par ce qu’il nous a senti débordés les 1ers temps ? Grrr, dur de ne pas se culpabiliser ….

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    1. Merci de ce gentil message. Je culpabilise aussi tellement … Dès que je craque un peu, il est fou d’inquietude. Je passe mon temps à le rassurer, à lui dire que c’est normal que les mamans pleurent ou crient un peu parfois, mais qu’elle restent heureuses quand même ;)… C’est difficile je trouve.

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      1. Moi aussi , j’essaie de beaucoup « verbaliser » lorsque je hausse le ton ou m’enerve un peu trop après les enfants. Je le rassure constamment et lui explique que ce n’est pas tous les jours facile d’être une maman même si j’aime être leur maman , parce que quelquefois moi aussi je suis fatiguée , un peu moins patiente et du coup je peux m’enerver quelquefois. Mais que pour autant je les aime fort tous les 3 et que rien ne pourra changer ça . Mais j’ai toujours l’impression qu’il veut m’aider et prendre le relais comme si interieurement il me sentait un peu débordée , est ce un comportement presque inné aux aînés ?

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