Les hyper-mères

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Un article dans le Elle cette semaine met en avant les hyper-mères. Ces femmes sur-diplomées, qui occupent des postes à hautes responsabilités, et qui ont 3, 4 ou 5 enfants. Le sujet m’intéresse. Ces mamans là m’inspirent évidemment. Elles ont réussi à ne renoncer à rien. Je pense que la working-girl qui envoie la nounou assister au gala de danse et qui raconte l’histoire du soir en FaceTime depuis New-York relève du cliché, et que ces mamans, qui en dépit d’une vie professionnelle intense ont choisi d’avoir une famille nombreuse, sont des mères soucieuses du bien-être de leurs petits. Je suis persuadée aussi que les enfants de parents qui travaillent sont tout aussi heureux que ceux qui ont leur mère/ père à dispo 24h/24. Alors, évidemment, il est important de mettre en valeur ces mamans là dans la presse, il est important de montrer que c’est possible, qu’il ne faut pas renoncer trop vite, que certaines y arrivent. Oui mais voilà, moi, des mamans comme ça, je n’en connais pas.  Dans la vraie vie, j’ai plutôt l’impression que la plupart des mères qui ont 3 enfants et plus travaillent à temps partiel, quand elles n’ont pas complètement mis en pause leur carrière pro. Je travaille à plein temps, mais ça n’est pas un choix. Demander à réduire mon temps de travail aurait des conséquences que je ne maitrise pas et je ne suis pas prête à prendre ce risque. J’ai aussi la chance d’être à la maison au plus tard à 19.15 et j’ai également pas mal de RTT qui me permettent d’assister aux spectacles de fin d’année, aux réunions parents d’élèves ou d’emmener le grand chez le dentiste. Néanmoins, j’ai renoncé à entamer une reconversion qui me plairait tant ou à chercher à évoluer. Ça, je le sais, ça m’est impossible avec mes 4 petits qui attendent leur gratin de coquillettes chaque soir. Ça m’est impossible, mais ça n’est pas pour autant un sacrifice, car moi, le gratin de coquillettes, je n’y renoncerais pour rien au monde. Alors je m’interroge. Est-ce que les articles vantant les mérites des Super Working Mums n’auraient pas un effet pervers sur la lectrice. Est ce que ce genre de sujets est utile à celle à qui on a gentiment fait comprendre que les journées enfants malades, ça va poser un problème au bon déroulement de l’activité du service, à celle qui s’est faite lourdée au retour de son 2 eme congés maternité,  à celle qui a demandé timidement un 80 % et à qui on a répondu rupture conventionnelle… Est ce qu’exposer la réussite de certaines ne place pas la barre trop haute pour toutes les autres ? Bref, ce genre d’articles m’inspire parfois, mais m’agace le plus souvent. Concilier carrière brillante et famille nombreuse, à mon avis, c’est une belle utopie.

30 commentaires sur “Les hyper-mères

  1. Complètement d’accord! cette pression du « tout réussir parfaitement » a le don de m’énerver au plus haut point…..Je n’ai pas d’hyper mère dans mon entourage et je crois que cela concerne une faible minorité de femmes chanceuses d’avoir un mari qui assure financièrement et qui peuvent se permettre de payer des nounous 12 heures par jour pour que madame s’éclate dans sa nouvelle passion soudaine et chronophage (décoration d’intérieur, stylisme de mode , et j’en passe)….
    je n’ai rien contre les décoratrices d’intérieur par ailleurs 😉

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  2. Effectivement, je trouve ces articles agaçants car ça véhicule le message que celles qui ne parviennent pas à mener une carrière brillante avec des enfants sont des nulles.
    Encore des situations qui sont à mon avis des exceptions et qu’on érige en pseudo-modèles. Pour moi, c’est tout sauf la vraie vie !

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  3. Vaste sujet.
    J’ai la chance d’avoir un poste à responsabilités (je gère 30 personnes) et de pouvoir le concilier avec un temps partiel et des horaires « family proof ».
    MAIS il y a quelques années à la naissance de mon deuz j’ai fait le choix d’un poste sédentaire et aujourd’hui mon employeur sait bien que je ne veux pas lâcher mes avantages pour aller voir ailleurs. Il en profite donc pour me payer LARGEMENT moins que mes homologues masculins…
    J’ai une amie (une seule) qui fait une vraie carrière, avec de grands et fréquents déplacements à l’étranger. Elle n’a « que » deux enfants. Mais il est vrai que je ne l’envie pas tous les jours non plus.
    Bref pour avoir l’intégralité des données, il faudrait rapprocher ton article avec celui d’Adelles sur le parent intermittent (ou avec le tien sur la culpabilité maternelle) parce que des Hyper Pères j’en connais plein ! Le fond du problème serait-il que nous ne voudrions pas réellement la place ? (le gratin de coquillettes, je kiffe aussi)

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    1. Il faudrait pouvoir avoir tout (le salaire qui permet de partir en vacances, un job intéressant, des journées compatibles avec le gratin de pâtes, et du temps pour profiter de nos petits)… Un jour … peut-être 😉

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  4. Alors ma soeur est une de ces femmes là.
    3 enfants (maintenant âgés de 8 à 15 ans) et de hautes fonctions.
    Elle a pas mal de déplacements mais gère son agenda quotidien comme elle le souhaite.
    A une époque pas si lointaine c’était une jeune femme qui gérait les enfants (alors en maternelle et primaire) pour le midi et la sortie d’école, mais elle était là tous les soirs et les emmenait à l’école tous les matins.
    Elle assiste à tous les événements scolaires (grâce à une bonne rasade de RTT également) et c’est son mari qui gère le repas du soir (elle déteste cuisiner).
    Elle est toujours sur son portable ou mobile à faire des conf call, week-end et jour férié compris parce qu’il y a toujours un truc urgent à finir.

    Elle a toujours dit qu’elle voulait une famille nombreuse et poursuivre sa carrière (après tout elle a fait BAC+8, faut rentabiliser !).
    Elle a réussi, gagne en un mois ce que je gagne en 6.
    Mais je ne l’envie pas le moins du monde.

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    1. Oui, on est toutes différentes, et je suis admirative des femmes qui s’en tiennent aux objectifs qu’elles se sont fixés. Moi, je passe d’une envie à l’autre. Un jour, je veux vivre dans une ferme écolo à la campagne, le lendemain je veux devenir chef du monde, puis ensuite je me dis qu’un boulot alimentaire me conviendrait également … et finalement, je ne change rien car je flippe de perdre l’équilibre que je pense avoir trouvé 😉

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  5. Vaste sujet que voilà… Si ça peut te consoler, j’hésite beaucoup à tenter une reconversion professionnelle : je sais que la voie que je rêve d’embrasser, bien que présentant de belles opportunités d’emploi, réduira considérablement le temps que je pourrais passer avec mes loulous. Je garde ce projet en tête, toutefois, cela me permet de le mûrir. En attendant, je m’occupe et je prends la paye chaque mois.

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  6. Pour moi les hyper mères sont celles qui réussissent… à être heureuse dans leurs choix de vie ! Quel que soit le nombre d’enfants, quel que soit leur poste, c’est bien être heureux de sa vie qui est le plus important. Et si ces femmes en sont un exemple, tant mieux ! Mais je ne le prends que comme un exemple parmi d’autres…

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  7. Tres juste les mots de MumChérie! Ce qui compte à la fin de la journée c’est qu’une maman est heureuse et satisfaite avec sa vie. Moi, personnellement, je pense qu’il y toute médaille a son revers. Si c’était possible d’avoir un boulot de dingue qui est super, qui donne un big salaire et qui te permets de travailler 5 jours sur 7 avec 35h par semaine, je serais la première à accepter! M

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  8. Très juste les mots de MumChérie! Ce qui compte à la fin de la journée c’est qu’une maman est heureuse et satisfaite avec sa vie. Moi, personnellement, je pense que toute médaille a son revers.
    Si c’était possible d’avoir un boulot de dingue qui est super, qui donne un big salaire et qui te permets de travailler 5 jours sur 7 avec 35h par semaine, je serais la première à accepter!
    Mais la réalité est différente. Grande carrière + grand salaire = peu de temps privé.
    Je ne dis pas que c’est bien ou pas bien, c’est juste un choix personnel.
    Chaque personne doit décider pour elle-même ce qui la rend heureuse.

    Je n’ai que deux enfants mais ils grandissent tellement vite, je me demande souvent si je ne vais pas regretter un jour de ne pas avoir pris un mi-temps ou 80%.
    Juste avant hier je disais à une copine que j’avais à mes yeux le boulot idéal pour une maman. Assistante Commerciale. Au bureau. Pas de déplacement. 35h/semaine. Pas de pointage des heures. Je suis à 10 minutes de chez moi. La direction et les collègues sont sympa (et ce point vaut de l’or!). Et last but not least je m’épanouis dans mes taches.

    Si on aime son emploi et s’il paie après tout les courses du mois, les factures et de temps en temps une surprise pour les enfants, l’être cher ou un nouveau sac à main pour maman [en fuchsia! car cette couleur manque encore dans la gamme des 10 autres sacs rangés au dressing ;)]
    what else can you ask for?

    Ce n’est pas l’argent sur le compte ou les hommages sur son succès qui vont soigner une maman quand elle aura fait un sacre burn-out ou une dépression nerveuse.
    Chaque maman, n’importe quel statut hiérarchique elle a, n’est qu’un être humain au bout du compte.
    Et à un moment donné elles sont toutes épuisées et fatiguées.
    La seule différence est le lieu de leur fatigue… au bureau, toute seule à 23h du soir… ou à la maison, sur le canapé avant de faire un dernier tour dans les chambres des enfants qui dorment avec leurs petits visages si détendus et insoucieux comme si ils voulaient dire « Fais des beaux rêves, toi aussi, maman! »

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  9. Je voulais justement écrire un article sur un thème connexe… Ma mère a eu une brillante carrière dont je suis fière mais comme par hasard, ma soeur et moi travaillons toutes les deux dans la fonction publique et à temps partiel pour nous occuper au maximum de nos enfants… Comme si ce modéle ne nous avait pas tant inspirées que ca finalement… Alors je te rejoins, je crois aussi malheureusement qu´une carriere brillante se concilie difficilement avec une vie de famille épanouie.

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  10. Allez je me lance, je sous marine depuis peu mais me retrouve dans tes écrits.
    Maman de 4 enfants, un qui va avoir 9 ans en fin d’année, un de 6 et deux qui auront 3 ans en novembre, contrairement à toi je n’ai que des garçons.
    J’ai testé le congé parental, deux ans à la maison cela à été trop pour moi, j’ai repris le travail il y a 6 mois à temps complet et je ne le regrette pas (alors que j’aurais pu poursuivre le cp jusqu’au 3 ans des petits).
    Cela dépends des tempéraments, il y a des femmes qui seront heureuses en congé parental et d’autres qui trouve leur équilibre en travaillant.
    Pour ma part, je suis beaucoup mieux organisée depuis que j’ai repris le boulot, et les enfants ont vu un changement dans mon comportement et eux aussi ils préfèrent une maman qui travaille et qui leur octroie du temps de qualité, qu’une maman qui broie du noir à la maison.
    Après c’est sur que j’ai mes horaires de bureau, un travail prenant mais une fois arrivée à la maison je n’y pense plus, est ce que mon discours serait le même si je bossais 50heures par semaine surement pas mais le plus important c’est de trouver le bon équilibre pour notre famille et que tout le monde y trouve son compte.
    A bientôt,

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    1. Il y a un vivier de mamans de 4 ici, j’en suis ravie :). Bienvenue ici ! Nos enfants ont quasiment le même âge, et notre rythme pro doit se ressembler aussi. Je me pose souvent la question si j’aurais « supporter » le congés parental. J’ai l’impression que beaucoup de témoignages de mères en burn-out sont en congés parental … je reste persuadée que c’est beaucoup plus fatiguant qu’une journée de bureau 😉

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  11. J’adore te lire. Cet article est tout a fait juste (comme tout ce que tu as écrit) et bien écrit.
    Maman de 4 filles dont des jumelles de 4 mois, j’ai choisi de m’arrêter de travailler à la naissance de ma première poulette (il y a 7 ans maintenant) malgré un diplôme rendant possible une carrière assez prometteuse et un boulot dans lequel je m’éclatais. Je suis assez d’accord avec tous les commentaires précédents. Réussir à trouver ce qui va nous rendre heureux, trouver l’équilibre propre à chaque couple/famille, ça ne fera peut être pas de nous des sujets de magazines mais si ça nous permet de rire tous les jours et de voir ceuxqui nous sont chers rire aussi, c’est bien le plus important.

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    1. Merci de ton commentaire. Depuis que j’erre sur internet, je ne lis quasiment plus la presse féminine, qui propose généralement un modèle assez unique de « succesfull mother », alors que la blogosphère est bien plus éclectique, certaines familles me portent vers le haut, m’inspirent, me font réfléchir, alors que l’interview de Gwyneth Paltrow, ça ne me parle pas plus que ça … 😉

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  12. Après, ça prouve aussi qu’être mère ne t’oblige pas à n’être plus que ça. Pour l’instant, juste avant d’avoir des enfants j’ai surtout ce ressenti là, dans la presse, autour de moi etc. si tu veux une famille nombreuse, tu dois être une mère hyper présente et donc tu oublies d’être importante au boulot. après il faut trouver un équilibre où personne ne souffre et qui correspond à un point d’équilibre au top =)

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  13. l’inverse est vraie aussi moi qui suis à la maison par choix mais aussi par nécessité je reçoit de nombreuses réflexions. Etant à la maison je me fixe la barre encore plus haut car si je suis là h24 tout doit être propre, nickel, rangé, les papiers faits les comptes suivis, réaliser des activités et des sorties avec les minis, gérer les bobos jour et nuit. J’ai l’impression de ne jamais m’arrêter bien plus que lorsque je travaillais, et pourtant être à la maison est mal vu et on essuie pas mal de remarques souvent assez clichées. Que l’on soit à la maison ou au travail à 100% en tant que maman on se mettra toujours la barre trop haut, essayer de tout gérer de faire de son mieux, et il y aura toujours certains pour nous tenir un discours culpabilisant, l’un étant trop à disposition de ses enfants en faisant des capricieux, l’autre déléguant de trop, leur léguant un sentiment d’insécurité.
    J’ai envie de dire que tant que chacun est bien dans ses choix, épanouie , et que oui parfois on a pas le choix c’est comme ça et pas autrement mais que l’on assule et réserve du temps pour les minis et bien c’est tant mieux

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