Le boulot, la PMA et moi

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Parmi les difficultés inhérentes aux parcours de PMA (Procréation Médicalement Assistée, pour les chanceux qui ne savent pas), il y a celle de l’organisation des rendez-vous médicaux à caser dans ton agenda pro. Comme en général, t’as pas envie que tout le service compta soit au courant qu’il te faut des médecins pour faire des bébés, tu essaies de la jouer un peu discrètement.  Vraiment, annoncer en amont que tu vas essayer de tomber enceinte est à mon avis une erreur. Certains penseront que les stimulations ovariennes pourraient te rendre moins apte à gérer certains dossiers et  tu risques d’être mise à l’écart, d’autres encore vont se prendre de passion pour ton cas et te demander des nouvelles de tes follicules chaque fois que tu les croiseras à la cantine. Bref, discrétion les amies, c’est important. D’autant plus que c’est un peu comme la machine à pinces , on gagne pas à tous les coups, loin de là, il faut donc tenir sur la longueur. Ne pas en parler au bureau donc, mais avoir une bonne copine pour partager ses doutes, ses espoirs, ses déceptions et ses taux de beta HCG, c’est fondamental.

Pour ma part, après quelques cycles de rodage, je connaissais par cœur les horaires du labo, je savais à quelle heure arriver pour passer parmi les premières, je savais aussi quels médecins étaient rapides, et ceux qui avaient déjà 2 heures de retard après 3 patientes. J’ai réussi à fixer un maximum de rendez-vous tôt le matin, certains tard le soir, et de façon générale, j’ai eu la chance que mes parcours PMA n’aient pas trop affecté mon planning pro. Ce qui a été bien plus difficile à gérer en revanche, c’est le stress pour arriver à tout caser. Je regardais ma montre constamment, je courrais avant et après les prises de sang , avant et après les échos, je prenais les rendez-vous suivants depuis les toilettes du bureau. À chaque examen important, je croisais les doigts pour qu’une réunion ne se greffe au même moment. Il suffisait qu’un client décide de decaler la conf call prévue et c’était le drame pour moi, imaginant déjà que je ne serais jamais maman à cause d’un problème d’agenda… Oui, j’ai pu réagir un peu excessivement à l’époque, mais quand tu t’injectes des hormones dans les fesses chaque soir depuis des semaines, tu as le droit. Énormément  de stress organisationnel donc, qui s’ajoute évidemment au stress du parcours en lui-même. Comme j’enviais celles qui faisait des bébés facilement à ce moment là.

Avec le recul, je sais que j’ai eu beaucoup de chance. Trois grossesses sous PMA, c’est un joli palmarès, j’en suis pleinement consciente. Mais dire qu’on oublie la difficulté du parcours une fois qu’on a notre enfant dans les bras, c’est faux. On n’oublie pas. Durant toutes ces périodes d’essai, je ne vivais pas, je survivais. Suspendue à un résultat d’analyse, à un taux sur une feuille de papier. On ne maitrise rien,  on reste sur le quai, impuissante, à attendre que la chance nous sourît enfin. J’ai détesté ça, tellement détesté ça. Et pourtant, s’il fallait tout recommencer, je m’y collerais à nouveau sans hésiter.

PS : Une pensée à toutes celles qui attendent

26 commentaires sur “Le boulot, la PMA et moi

  1. Oh que c est juste ce que tu écris…même pour le troisième parcours, le stress est toujours là…et espérer à chaque fois que le jour j tombe le weekend…et faire bonne figure quand tu viens d apprendre que ce n est pas pour cette fois,…et oui on n oublie pas,le stress de l attente avant la prise de sang…
    Et oui énorme pensée à celle qui sont dedans…

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  2. Tellement ça. Personnellement, je n’ai pas pu faire autrement que d’en parler. Je ne sortais jamais de la avant 11h et c’était impossible à gérer sur la longueur. Mon Gynecologue me faisait même des arrêts d’une journee pour me libérer alors ca devenait suspect ! On n’oublie pas ! Jamais même !

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  3. Tout à fait d’accord avec toi : ne pas en parler, essayer de tout gérer discretos (j’arrivais aussi à caser les pds et les échos le matin tôt, mais je me mettais dans des états pas possibles en essayant d’être à l’heure), on n’oublie jamais, mais on referait tout s’il fallait recommencer … 😉
    Bon et bravo encore pour votre ténacité, car à partir du deuxième j’imagine qu’il faut caser le premier dans tout ce planning … D’ailleurs en prévision de cela, si nous n’avions pas réussi à concevoir J. « tout seuls », j’avais choisi une gynéco à deux pâtés de maison de chez moi, qui faisait les échos chez elle, sachant qu’il y a un labo d’analyse au pied de son immeuble …
    Bises !

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  4. Perso, j’ai fini par en parler à deux collègues dont j’étais un peu plus proche et on s’est rendues compte toutes les 3 qu’on étaient dans le même cas … donc on s’entraidait! ça m’a soulagée d’en parler … et j’étais bcp moins stressée
    Mon boss était également au courant et il m’a dit me fait confiance pour gérer mes projets. Je disais aux clients que j’avais un rdv médical quand je ne pouvais vraiment pas faire autrement.
    Je suis d’accord pour ne pas le dire à tout le monde, mais à des personnes de confiance pk pas? Encore faut il avoir des personnes de confiance dans son entourage pro.
    Bon courage à toutes.

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  5. Vous avez été très courageux d’être revenus deux fois en PMA! Et chapeau pour le boulot. Je crois que c’est La Reine qui en parlait récemment, on a l’impression que les gens sont (plus ou moins) tolérants avec la PMA et les absences qu’elle implique pour le premier enfant mais plus du tout avec les suivants, comme si c’était un caprice. Donc effectivement en parler au bureau serait facilement assimilable à un suicide professionnel (déjà qu’avoir plus de deux enfants tout court n’est pas forcément bien vu…).

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    1. Mon parcours a été ridiculement simple si je compare avec les épreuves que tu as traversées. Et ma numéro 2 est arrivée à la première tentative, ce qui nous a laissé imaginer que ça serait la même chose pour numéro 3 ;). Pas sûre que j’aurais eu la force sur un parcours compliqué … Et merci de m’avoir ajoutée à ta blogroll 😉

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      1. C’est pas tout à fait la même chose quand même. Beaucoup seraient prêts à aller jusqu’au bout de l’enfer pour avoir un enfant mais beaucoup moins pour en avoir un deuxième (et encore moins pour un troisième). Nous espérons aussi que si retour en PMA il y a, il sera très court car il semblerait que nos médecins aient trouvé la bonne recette pour nous. Mais ce qui me fait peur, c’est que ça ne marche pas, que je n’aie pas le courage de continuer et que nous finissions sur un échec avec le cœur en miettes alors que nous avons déjà une adorable petite fille. Donc je te le redis, je te trouve très courageuse (surtout que tu as l’air de dire qu’il y a plusieurs tentatives pour votre aîné)!
        Et j’adore ton blog, je m’y retrouve beaucoup (bon, moi je suis petite joueuse je n’ai qu’un bébé à la maison!).

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  6. Tout comme escarpinsetmarmelade je découvre votre parcours. Il est plein d’espoir…
    Ici, 2 grossesses pour 3 enfants suite à des fiv… Alors j’envoie plein de courage et d’espoir à tous ceux qui attendent…
    Pour la fiv bébé 1, j’en avais parlé au bureau et même à ma responsable. Pour la fiv bébé 2 et 3, je n’avais rien dit, parce qu’avec le recul, je me suis aperçue que mes collègues guettait le moindre signe de grossesse, me posaient trop de questions (« alors alors ça a marché? »…). J’ai eu envie de garder pour moi les essais pour cette 2e grossesse. Et je l’ai bien mieux vécu. Mais c’est un point de vue tout à fait personnel, chacun vit et ressent les choses différemment et chacun a besoin ou pas de partager ces moments difficiles et stressants.

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  7. Oh oui, plein de pensées à toutes celles et ceux qui attendent et qui passent par ces moments extrêmement difficiles et cette attente pénible. Après être aussi passée par là, j’ai pour ma part tout oublié et toute la douleur qui va avec heureusement. Aucun succès pour toutes nos tentatives, nos bébés sont arrivés naturellement après, avec un immense coup de poignard et une énorme surprise malgré tout, comme un gros coup de pied dans la face du destin ! Je ne partageais nos essais FIV qu’avec mes copines de forum et mes très proches amies, c’est difficile d’en parler tout simplement.

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  8. Ouaou chapeau … Apres plusieurs tentative a ratees et des jumeaux quand ca a (enfin) marche je n’ai pas eu le courage de « remettre » ca, tout ce que tu écris résonne encore tellement 7 ans après …

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    1. Pour la première grossesse, j’étais en mode guerrière. No way que ça ne marche pas, j’y suis allée assez innocente par rapport aux difficultés à venir, je ne connaissais rien à la ma et je pensais que ça fonctionnait presque à tous les coups (La naïve que j’étais à l’époque). Pour la dernière, j’ai vraiment douté, et c’est évidemment quand j’avais fait mon deuil de ce dernier enfant que ça a fonctionné 😉

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  9. Merci pour ce message. Apres un premier bébé en PMA en mode naïve et une réussite à la deuxieme tentative, je suis en plein dans la seconde mais sans succès pour le moment. Lorsque ca a bien marché la première fois, les échecs de la fois suivante sont une énorme claque. Je pense souvent à abandonner et puis l’envie d’un second est plus forte. Moi qui me rêve avec 3 ou 4 enfants .. Je me dis que ça va être compliqué. Bref le jonglage labo – boulot je connais ; )

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    1. Oui la claque est violente quand ça ne se passe pas aussi bien que l’on pourrait l’imaginer. Moi, c’est numéro 2 qui s’est installée à la première tentative, inimaginable pour moi à l’époque ! Mais le fait d’avoir déjà réussi une fois booste la volonté ! Je te souhaite vite de réussir dans cette deuxième aventure, et je te souhaite même d’avoir des jumeaux, pour avoir une grande famille sans avoir à repasser par la PMA !

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