Education : mes classiques

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Il m’a été proposé de parler un peu éducation sur le blog, éducation bienveillante particulièrement, dans le cadre d’un festival d’articles autour du sujet. La thématique m’intéresse évidemment, mais loin de moi l’idée de vous exposer ce qui est bien ou pas. Tu me connais un peu maintenant, jamais je ne jugerai l’une ou l’autre de faire comme ci ou comme ça. Je suis définitivement convaincue qu’on fait toutes au mieux, avec ce que l’on a reçu et avec ce que l’on peut offrir.

Quand je suis devenue mère, j’ai comme tout le monde revu mes principes d’éducation à la baisse. Aujourd’hui encore,  j’ai tendance à laisser passer pas mal de trucs (sauf le tee-shirt imprimé Flash Mc Queen, never ever, j’y arrive vraiment pas). Je suis devenue une mère plus stricte avec l’arrivée de numéro 2. Petite fille difficile, il a fallu renforcer les règles pour qu’elle se sente mieux. Puis les jumeaux sont arrivés. Pour la première fois, je n’ai pas décidé de la mère que je voulais être, j’ai été celle que j’ai pu. J’ai volontairement et en connaissance de cause mis la barre assez bas, pour ne pas me mettre en situation d’échec. Et ça à plutôt bien fonctionné. J’ai donné des petits pots industriels et des bains moins réguliers qu’il aurait fallu, mais j’ai survécu et mes mômes aussi. CQFD.

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous les quelques trucs qui fonctionnent sur mes 4 zinzins. Evidemment, il m’arrive assez souvent de faire exactement l’opposé de ce que j’explique plus bas, mais dans l’ensemble, c’est vers ce type de comportements que j’essaie de me tourner :

– Pratiquer le « sur-mesure » : ce qui fonctionne bien avec un, ne fonctionnera pas chez l’autre. Le fameux « je compte jusqu’à 3 » fait des merveilles sur 3 de mes enfants. La quatrième s’en bat la couche d’une force herculéenne. Il faut donc trouver une méthode alternative, pour éviter le ridicule de devoir s’abaisser à compter jusqu’à 76 …

– Ne pas les couper en plein action : on n’arrête pas une partie endiablée de Memory Reine des Neiges pour leur demander de faire les devoirs  MAIS on prévient qu’après la partie, on fera les devoirs. De façon générale, j’évite de les mettre devant le fait accompli. Je les laisse anticiper les choses, pour les laisser digérer l’info. Ce qui parait anodin chez un adulte peut être un vrai sujet chez le môme. Par exemple, je préviens en amont numéro 2 que nous irons au parc après le déjeuner et qu’il n’est pas question qu’elle mette ses Havaianas, rapport au fait qu’il fait 12 degrés. Elle entend, elle comprend, elle prépare une solution alternative et on évite la crise au moment de partir.

– Ne pas crier, ça ne sert à rien. Bon, en vrai chez moi ça fonctionne de temps en temps, quand totalement azimutés, ils tournent à 120 décibels. Je passe donc à 130 décibels histoire de me faire entendre, puis on redescend tous direct. Certains pourraient me dire qu’idéalement, il faudrait faire en sorte de ne pas laisser la situation dégénérer, mais idéalement il faudrait aussi que certains me lâche un peu le chignon banane..

– Tenir les punitions. Je me suis fais avoir assez souvent. Sur le coup de l’agacement, je balance la tête haute un irréfléchi « Privé d’Ipad toute la semaine », immédiatement après je me rappelle qu’on a 6 heures de bagnole à faire le lendemain. La vie est une bitch. Depuis, je pratique la slow punition. Pas souvent, pas longtemps, c’est tout aussi efficace. On me dit dans l’oreillette que les punitions, c’est pas vraiment « éducation bienveillante », mais chez moi ça marche, alors je garde.

– Ne pas perdre pied pendant les crises de nerf. Pas évident car ces situations me font assez vite partir en cacahouète. J’imagine que ça va passer un jour, mais tous autant qu’ils sont, mes enfants font de temps en temps des crises apocalyptiques. Quand la colère est plus forte, quand la frustration et la rage les empêchent de reprendre une activité normale, alors je les envoie dans leur chambre pour qu’il puisse s’y calmer seuls. Ça marche aussi pour le parent. L’isolement m’est parfois nécessaire. Et quand la crise dure trop longtemps, quand il leur est trop difficile de reprendre le contrôle, alors je les sert très fort dans mes bras, jusqu’à l’apaisement. C’est magique.

– En cas de bêtise, leur dire « c’est stupide » (d’avaler une bille, de faire une sculpture à base de crotte de chien, d’escalader la bibliothèque, de tagger les murs au marqueur indélébile, de se siffler une bouteille entière de sirop pour la toux …. #toutestvrai) plutôt que « tu es stupide » pour ne pas rogner leur stock de confiance en soi. Ne pas confondre ce qu’ils sont avec ce qu’ils font. Je pense que ça compte.

– Utiliser l’humour pour faire passer les messages. Se moquer de soi, se moquer d’eux, ça fonctionne bien. Attention, le second degré ne fonctionne qu’avec les plus grands. En dessous de 7 ans, les enfants n’ont aucun recul, tout est pris littéralement au pied de la lettre. On ne se moque donc surtout pas du petit dernier qui s’est pris le poteau en pleine face pour la 3 eme fois ( Sur une distance de 100 mètres), ce serait contre-productif.

– Enfin, dernière règle de base de mon manuel d’éducation perso, se foutre aussi parfois totalement des règles. Accepter les bottes en caoutchouc un jour de canicule, leur donner un paquet de Tuc à chacun en guise de déjeuner ou se marrer parfois devant les bêtises les plus drôles, c’est important aussi. Pour nous, pour eux, pour ne pas oublier que les choses ne sont pas figées, et qu’il est bon parfois de lâcher prise.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à découvrir les autres articles ici, et je remercie Jennifer du blog astuces bienveillantes de m’avoir invitée à écrire sur le sujet. Et si vous avez des trucs à partager qui fonctionnent bien, n’hésitez pas à m’en faire part…. Je sens que je vais en avoir besoin pour numéro 4 qui a décidément tendance à se battre la couche de beaucoup trop de choses ces derniers jours.

 

22 commentaires sur “Education : mes classiques

  1. Bon ben ça va… j’avais pas l’impression de faire de l’éducation bienveillante mais plutôt de faire en sorte de ne pas me laisser dépasser, rapport au fait que souvent seule avec 4 gars… ça me fait flipper… surtout que ça fait 2 paires qui se liguent ou vont se liguer contre moi (j’appréhende l’effet jumeaux quand je vois comment les grands sont complices pour ça!)… mais en fait j’essaie d’appliquer les mêmes principes que toi (qui marchent ou pas selon l’humeur et le niveau d’excitation du jour…), alors cool, aujourd’hui, je vais me lancer des fleurs!!!! et on garde les kinders les jours de pétage de plomb!
    Bonne journnée

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  2. J’aime beaucoup tes conseils ! Comme tu le dis, on fait au mieux et on s’adapte à chaque enfant ! Bon pour le moment je n’en ai qu’un donc l’adaptation se fait plus ou moins facilement, mais je suis certaine qu’avec le 2ème je vais découvrir de nouvelles techniques d’adaptation 🙂

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  3. J’adore tes astuces, je les valide toutes.
    Malheureusement pour moi la plus dure à tenir est « ne pas crier » surtout les soirs bien fatiguée après le boulot quand eux sont au taquet et se fichent complètement des consignes que je viens de répéter pour la 5e fois…
    Les punitions, quasiment la seule que je pratique est le « va t’asseoir dans un coin x mn » (challenge : ne pas oublier le gosse / astuce : mettre un minuteur), je pense donc que ce sont des « slow punitions ».
    J’ai appris aussi récemment à dire « Tu peux être fier de toi » au lieu de « Je suis fière de toi », en particulier pour ma grande presqu-ado en manque de confiance en elle 🙂

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  4. Plein de choses intéressantes. Merci aussi pour l’absence de jugement…
    Pour ce qui est des punitions, ma nounou m’a donné une alternative que j’aime beaucoup: la conséquence. Tous nos actes entrainent des conséquences, bonnes ou mauvaises. Il s’agit de souligner les deux. Par ex, si tu te relèves 15 fois après les histoires du soir, maman n’aura pas pu finir son travail, donc la conséquence sera pas d’histoire le lendemain….etc…tu es drole, conséquence agréable: ton frêre rit…

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  5. Je me reconnais dans plusieurs de tes traits! Du coup forcément, je suis complètement d’accord! Même si je crie encore trop à mon goût… Mais bon, il paraît que la mère parfaite est une connasse, alors au moins, je ne suis pas une connasse :p

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  6. J’adore ton humour, tu me fais marrer à chaque fois! On est d’accord sur l’essentiel: le tee-shirt Flash Mc Queen. No way.
    Sinon, moi aussi je m’étais dit qu’il ne faudrait pas crier, toussa toussa,mais j’y arrive pas, je suis souvent en mode roquet castré et on est d’accord, ça sert pas à grand chose. Idem pour les punitions trop hâtives: plus de télé pendant trois jours! (alors que t’as trois tonnes de repassage à faire) (Natur ist eine Schlampe) (t’as vu, ça le fait aussi en allemand!)

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  7. Je me reconnais bcp ici … je compte aussi ca marche bien avec un, l’autre moyen alors arrivee a 2, je révise les fractions en essayant d’arriver à 3 dans un timing raisonnable 🙂
    Ici on pratique un peu comme à l’école le quiet coyote, effet nouveauté oblige au début hyper efficace maintenant ils se marrent, en voiture ça marche bien par contre. Le Time out sur une chaise sans bouger (pas 3h bien sur) marche plutôt bien aussi et m’évite de crie. Comme tu dis on ajuste on adapte et on essai de rester consistant dans ce qu’on dit !

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  8. J’adore ton article! (C’est toujours un plaisir de te lire!) Je me reconnais vraiment dedans… Avant j’etais tres « education bienveillante » et maintenant j’essaie surtout de finir les journees sans sombrer dans la folie. Et encore, j’en ai que trois!
    Nos trucs a nous:
    – Pour eviter le tee-shirt Flash McQueen (je viens de regarder sur Internet qui c’etait… la honte… mais chez nous c’est plutot Spiderman, Superman et autres super heros ramenes de l’ecole), on a les slips et les chaussettes avec tous les heros qu’ils veulent, et les tee-shirts restent (encore) le choix des parents.
    – On utilise le compte minute pour planifier la fin des activites. Ca marche du tonnerre mais il faut quelques compte-minutes d’avance a la maison entre ceux qu’on casse et ceux qu’on perd
    – Helas, je continue a crier. C’est notre lot a toutes. Mais quand j’y pense, je crie sur un air d’opera (oui oui, il ne faut pas avoir peur du ridicule pour la paix du foyer) et l’effet est garanti. Tout le monde s’arrete illico et en general on finit morts de rire a essayer de chanter le solo de la Reine de la Nuit.

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  9. Excellent article!:) Et j’adhère complètement! Lorsque mes jumelles sont nées, j’ai eu beaucoup de mal à lâcher du leste et à accepter qu’avec deux bébés je ne pouvais pas faire comme avec mon premier… c’était une question de survie! J’ai donc du apprendre à relativiser et à revoir moi aussi mes principes d’éducation, en les adaptant à chacun de mes enfants, tous si différents! Alors certes, je continuer de crier, certains jours plus que d’autres… mais à lire les commentaires ci-dessus, nous sommes toutes dans le même panier! Et franchement ça fait du bien de le lire! Belle journée à toi et ta jolie tribu! Bisous

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