Mes (petites) violences obstétricales


Cet été, Libé a mis en avant la réalité des violences obstétricales. Les réseaux sociaux s’étant emparé du thème depuis assez longtemps déja, la parole semble s’être libérée, déchaînant les passions et les avis tranchés. Alors j’avais envie de te livrer ici mon histoire, sans prise de position, simplement parce que je suis sensible au sujet. Je garde des souvenirs merveilleux de la venue au monde de mes bébés. Et pourtant, mes accouchements n’ont pas toujours été des parties de plaisir. Les violences peuvent même commencer bien avant. Mon parcours de PMA m’a fait croiser des gynecos pas toujours bienveillants, pas toujours psychologues … je me souviens de celui qui m’a demandé vertement de bien tenir la sonde endo-vaginale, pendant qu’il répondait au téléphone, parce qu’il n’avait pas envie qu’une patiente lui « bousille » son matériel hors de prix. A poils, pieds dans les étriers, j’ai marmonné un « oui Monsieur », en tremblant de peur de faire tomber le truc. Tu la sens la relation de confiance qui s’installe là ? Je me souviens de celui qui m’a dit que j’étais trop maigre pour espérer tomber enceinte facilement, je me souviens de celui qui m’a dit que 2 enfants c’était déjà bien suffisant non, à votre âge (j’avais 35 ans) ? Évidemment, certains diront toujours que si l’on ne se sent pas bien avec un docteur, il suffit d’en changer. Oui, mais ce n’est pas si facile. Quand tu as attendu 6 mois ton RV, quand on te répond que le docteur ne prend pas de nouveau patient, quand tu dois jongler avec tes horaires de bureau, quand tu veux un enfant plus que tout, et bien tu serres les dents et tu restes. J’ai quitté ce gyneco dès le jour où j’ai été enceinte. Je me rappelle encore de notre dernier rendez-vous, où pensant me protéger peut-être, il m’a conseillé de ne parler de cette grossesse débutante à personne, « il y a très peu de chance que ces 2 embryons s’accrochent madame »  … après m’avoir fait écouter les 2 petits cœurs.

On a beaucoup parlé également des épisiotomies systématiques, et de son intérêt finalement très limité lorsque le bebe n’est pas en souffrance. Pour ma part, je n’en ai pas eu pour les 2 premiers accouchements, mais les déchirures ont été difficiles à guérir. Beaucoup de points, des cicatrisations pas terribles et des douleurs vives qui ont persistées longtemps, alors que l’épisio de mon dernier accouchement a cicatrisé beaucoup plus vite. Je n’ai pas assez de connaissances médicales pour me permettre de juger des bénéfices d’une l’épisiotimie versus une déchirure ( l’idéal serait ni l’un ni l’autre mais je n’ai jamais eu cette chance). Je sais juste que pour mon 3 eme accouchement, je me suis laissée porter par l’équipe de Necker en qui j’avais une totale confiance. Ils me tenaient informée de l’avancée du travail, des différentes étapes de franchies, mais le « attention madame je vais vous couper » je ne l’ai pas entendu et sincèrement ça ne m’a pas dérangée. Encore une fois, pour cet accouchement-ci, la confiance était là, et je ne me suis absolument pas sentie « violentée » par ce manque d’information.

Autre violence décriée régulièrement, l’expression abdominale que j’ai expérimentée pour mon premier, ce geste qui consiste à appuyer très fort sur le ventre. L’utilité de cet acte est aussi remis en cause, et certains témoignages sont terrifiants. Encore une fois, je l’ai moi-même plutôt bien vécu, la péridurale bien chargée ayant bien joué son rôle sur la douleur ressentie et je n’en ai eu aucune séquelle. Je crois que je fais partie des chanceuses car l’acte peut avoir de terribles conséquences physiques et psychologiques. Donc, super, la meuf a bien vécu ses accouchements, et tu te demandes donc pourquoi j’en fais un article. Et bien à cause de mon 2 eme accouchement qui a été difficile. J’ai mis plusieurs années à le « digérer » et c’est ce qui me rend particulièrement sensible sur le sujet des violences obstétricales. Je ne referais pas le récit de ce jour difficile où j’ai découvert que la souffrance n’avait pas de limite, tu peux le retrouver ici. Une seule sage-femme avec moi, très jeune, encore plus décontenancée que moi par la violence de cet accouchement, et qui a oublié de vérifier que le placenta avait bien été expulsé (et bon appétit vous qui êtes à table). Un mois et une hémorragie plus tard, il a bien fallu se rendre à l’évidence, la moitié de mon placenta était toujours bien au chaud, 4 semaines après avoir donné naissance à ma fille. C’est moche, vraiment. Accoucher une 2 eme fois seule dans ses chiottes d’un placenta, t’as pas envie d’en faire une story sur Instagram, crois moi. Je n’en veux pas à cette sage-femme. L’erreur est humaine, elle a fait ce qu elle a pu pendant cet accouchement express mais terriblement douloureux (alors que de mon côté j’en étais à envisager tous les scénarios possibles pour attraper le stylo qui dépassait de sa poche afin de me le planter rapidement dans la carotide espérant ainsi mettre fin à ma souffrance). Je n’en veux pas à cette sage-femme là, mais j’en veux à cet infirmier, qui en changeant les draps de mon lit plusieurs fois par nuit m’a répondu que c’était normal de perdre autant de sang. J’en veux à cette sage-femme qui m’a dit que c’était normal de se sentir si mal plusieurs jours après avoir accouché, tout va rentrer dans l’ordre madame, ca fait mal un accouchement vous savez. J’en veux à celle-ci aussi qui n’a pas voulu comprendre que je n’arrivais pas a nourrir ma fille car la montée de lait n’est jamais venue. J’en veux à ce gyneco, qui en me prescrivant le cachet pour expulser « ce qui reste » m’a assuré que personne n’avait fait d’erreur. Ça arrive madame ce genre de choses. J’en veux à celle qui a rempli le carnet de santé en précisant « accouchement parfait, avec anesthésie péridurale » alors qu’on venait de passer 40 minutes à me recoudre les 20 points de déchirure sans AUCUNE anesthésie, ni meme un masque avec un peu de gaz pour atténuer un peu la douleur. J’en veux à tous ceux qui n’ont pas su m’ecouter plus sérieusement, qui n’ont pas cherché à savoir pourquoi, qui n’ont pas su me rassurer bien que je savais pertinemment qu’il y avait quelque chose d’anormal dans ce post-partum. Enfin, je m’en veux aussi beaucoup, de ne pas avoir demandé un second avis, de ne pas avoir insisté pour avoir une écho de contrôle, de ne pas avoir osé dire que je n’étais pas d’accord quand on me demandait d’arrêter de me plaindre.

Aujourd’hui, je parle de mon parcours obstétricales en toute sérénité, et avec je recul et les années qui passent, je mesure la chance d’avoir eu des accouchements plutôt chouettes dans l’ensemble, avec de beaux bébés en bonus. Les violences obstétricales existent, c’est un fait, meme si je reste persuadée que la grande majorité des soignants fait un boulot de zinzin, du mieux possible et dans des conditions pas toujours faciles. Je suis aussi persuadée que la grossesse et notamment l’accouchement est une période de grande fragilité, et de grandes attentes pour la mère en devenir. Cet événement est si rare et si magique que l’on voudrait que tout soit parfait. Les 9 mois qui le précèdent donnant tout lieux d’élaborer des scénarios idylliques ou des projets de naissances très aboutis. Mais comment se projeter sur un événement qui peut se dérouler de mille façons différentes ? Avoir des envies particulières pour mettre au monde son enfant, c’est merveilleux, mais accepter de laisser une part d’inconnu au scénario, c’est je crois ce qu’il y a de plus beau.

Si l’envie vous en dit, vous pouvez déposer ici quelques mots sur votre histoire obstétricale. Jolis témoignages ou scénarios plus douloureux, je serais  heureuse (et curieuse) de lire vos expériences.

56 commentaires sur “Mes (petites) violences obstétricales

  1. Quel témoignage ! J’ignorais ce qui t’était arrivé à la naissance de ta première fille. Quelle horreur. Moi qui suis passée à deux doigts de l’outre-tombe à cause de la grosse hémorragie que j’ai faite à l’accouchement de ma fille, je mesure toutes les conséquences de cette grave erreur médicale. Car ça en est une. Ma grand-mère est décédée deux jours après la naissance de mon père et de son jumeau car le « médecin » avait oublié une partie du placenta. Alors crois-moi, ton témoignage me touche énormément. Je te kiss.

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  2. Merci pour ce témoignage. J’avoue que des mes 3 accouchements je n’ai pas gardé de traumatisme majeur… et heureusement car je m’apprête à en avoir un 4eme..
    Entre l’episio et la dechirure, je crois que je préfère définitivement la deuxième, car si j’étais sous péridurale, d’entendre le « couic » des ciseaux ne m’a pas particulièrement réjouie et reste assez imaginatif… Aussi j’aurais préféré aucune des 2, car pour mon 2eme l’infirmière avait oublié de me retirer des fils… et j’ai commencé à m’inquiéter car sentant toujours des douleurs.. allez retirer des fils 1 mois apres, quand ça a commencé an cicatriser… bref tout ça s’oublie vite en voyant nos petites merveilles !

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  3. Quel témoignage !!! En effet il peut y avoir des erreurs, mais oublier un placenta ne doit pas en être une, pas avec les conséquences que cela peut engendrer.
    J’ai beaucoup entendu parler des violences obstétricales et gynécologiques. Pour ma part Je n’en ai jamais subie, peut-être est-ce parce que je suis du milieu (J’ai pu voir parfois un changement de comportement lors de l’évocation de mon métier chez certains médecins lors de ma grossesse).

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  4. Moi aussi j’ai eu un accouchement sans péri et express (j’avais commenté ton article). Et moi aussi on a oublié un « bout ». Je me suis sentie mal un après midi, la petite avait un mois. J’ai eu des contractions et j’ai expulsé ce qui restait… J’ai pris rdv avec ma sage femme le lendemain. Par chance je n’ai pas eu plus de complications. Car cela peut finir en endométrite et c’est grave.

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      1. Tu as ton explication ! J’ai eu la montée de lait quand ma fille avait un mois. Elle était trop habituée au biberon pour changer ses habitudes … et moi trop faible pour retenter l’aventure …

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  5. A la veille des 6 ans de mon fils ton article ne pouvait pas mieux tomber.
    Le 28 Août 2011 restera gravé comme le pire jour de ma vie tant il y eut de violence, d’humiliation et de douleur dans cet accouchement. Une boucherie inhumaine qui s’est achevée aux forceps, avec épisio géante SANS péridurale. Je croyais que l’on mourait avant d’avoir aussi mal. Ce fût un cauchemar absolu et je n’ai pas oublié un seul instant de ce supplice.
    J’ai dit plus jamais ça et je tiens parole !

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    1. Comme tu as du souffrir … lorsque l’expérience est si éprouvante, je comprend que l’on ne veuille pas recommencer. Pour l’accouchement suivant, pour ma part, j’ai changé d’hôpital, j’ai revu tous mes désirs d’accouchements « naturels » pour n’avoir qu’un souhait, l’accouchement « sans douleur », et je l’ai eu. Ca m’a aidé à tourner la page. Mais je n’ose imaginer mon ressenti si ça avait été de nouveau très compliqué… merci de ton témoignage ici.

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  6. Outch, je n’avais pas lu ton deuxième accouchement, mais déjà le souvenir de la douleur d’un travail en 1h30, je n’ose imaginer celui d’une demi heure…
    D’ailleurs, la rapidité de mon deuxième accouchement à généré quelques petites violence : l’absence de soutien de la sage-femme pour mon projet de faire sans péridurale, qui a failli le faire louper au breton, entièrement boir un café en mode « y’a le temps » (spoiler, quand tu passe de 2 à 7 en une petite heure, non y’a plus le temps), et cette dernière qui se jette sur moi pour m’invecter de l’ocytocine suite à la rapidité de l’expulsion …
    Heureusement, j’en garde tout de même un bon souvenir 😊

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  7. Joli témoignage ! On m’a laissé un bout de placenta également ! Après avoir saigné comme jamais 4 heures après l’accouchement on m’a injecté un médoc dans les fesses pour faire contracter mon utérus ! Aucune écoute de mon ressenti ! Dix jours plus tard j’ai du laissé ma fille alletante avec son papabet son frère pour passer au bloc …c’était juste horrible de me retrouver dans cette situation alors qu’une simple écho de contrôle aurait pu rectifier le tire !!! On a jamais parler d erreur médicale et à la rigueur …mais pareil on ne m’a pas écouté quand je disais me sentir épuisé et toujours ses gros caillots 1 semaine après !!

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  8. Je ne suis pas encore passée par cette expérience mais j’ai aimé lire ton article. C’est intéressant même si ça ne devait pas être marrant tous les jours. Il y en a qui devrait garder leur langue dans leur poche… Surtout dans ces situations.

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    1. On ne peut pas avoir des accouchements de crevettes + des rétentions placentaires hein … faut en laisser pour tout le monde ;). J’espère que tu trouves tes marques et que tu arrives à savourer les premières semaines magiques d’un bebe tout nouveau ! A bientôt

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  9. Tous ces petits gestes, sur le coup je n’y avais pas fait trop attention, j’avais confiance dans le milieu médical et puis à force de lire des témoignages, on se dit « mais oui c’est vrai que ça aurait pu être fait autrement ou dit différemment »!
    Pour ma part j’ai accouché 3 fois sans complication (mais quand même de l’épisio sans prévenir, de l’expression abdominale, du déclenchement pas très bien géré) et sans péridurale et crois-moi ce n’était pas un choix ah ah ah! Et je me dis toujours que j’aurais été bien mieux à accoucher chez moi avec une sage-femme rien que pour moi (pourtant je suis tombée sur de super sages-femmes les 2 autres fois mais tellement débordées qu’ils n’avaient pas le temps nécessaire à me consacrer).
    Mon plus mauvais souvenir, c’est une opération chirurgicale du sein, post-allaitement, avec des tas d’examens maladroits et un séjour post-op où le médecin entrait dans la pièce sans m’adresser la parole avec une dizaine d’étudiant, leur présentait mon cas et les laissait regarder un par un, toujours sans un mot pour moi. 9 ans plus tard, je me demande toujours pourquoi je n’ai rien dit.

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  10. Je trouve ton article super intéressant. Tu as raison, on n’ose pas assez dire qu’on n’est pas d’accord, comme si la parole des médecins était sacrée, alors qu’ils peuvent se tromper, comme tout le monde. La condescendance de certains est parfois insupportable. Ce métier est avant tout, un métier humain, où l’on se parle d’humain à humain, où l’on réconforte, soigne de l’humain.
    C’est fou qu’il y ait de telles dérives. Pour ma part, mes accouchements, aussi horribles et sanglants soient-ils, ont été entourés de bienveillance, mis à part une ou deux infirmières tarées qui m’ont fait des remarques insensées, mais elles ne font pas partie de l’histoire pour moi!

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    1. Ton histoire obstétricale m’avait beaucoup marqué. J’avais suivi les aventures de ton placenta avec attention et angoisse ! Heureusement que tu as été très bien prise en charge, je n’ose pas imaginer ce que ça aurait donné si tu étais tombée sur une sage-femme inexpérimentée comme la mienne !

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  11. Quel histoire pour ta deuxième !! En 4 grossesses j ai rencontré pas mal de gyneco/medecins/sage-femme…la majorité très sympa. Pourtant il y en a une qui m a beaucoup marquée. Pour mon dernier à J+4 je ressens des contractions dans la nuit vers 1h du matin ,mon mari est inquiet cette fois ci ,il a vu sur Internet qu après une césarienne on doit aller à la mater au début des contractions. Alors On y va.
    Et on tombe un Dragon , une sage femme qui devrait changer de métier : « pourquoi vous êtes venus ? Vous n êtes qu à 2cm madame. C est pas comme dans les films ,ça fait mal d accoucher et là, je vois que vous n avez pas mal. Rentrez chez vous ,revenez à 10h. » Je suis sortie de là en pleurs.
    Et par esprit de contradiction je suis revenue ,mais à 11h toujours en pleurs. Et heureusement elle n etait plus là . Mais le mal était fait,je ne savais pas si j étais en travail ou pas ,je ne faisais que pleurer,je n avais plus de contradictions. J ai donc patienté dans la salle d attente des rdv externes . Et là à ma grande surprise, le gyneco m examine et dit :mais vous êtes à 7 cm madame ,vous devez aller en salle d accouchement très vite !
    A cause d elle ,j ai perdu tous mes repères , je ne voyais plus les signes ,je ne faisais plus confiance à mon corps.
    De retour chez moi , j ai écrit à la maternité pour raconter mon expérience.
    Pas de réponse 4 mois après.

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  12. C’est fou ce que tu raconte pour ton deuxième accouchement.
    J’ai de très bon souvenirs de mes accouchements. Vraiment. j’ai eu la chance d’être entourée à chaque fois, écoutée. Je ne dis pas que c’est le nirvana. mais je pense que c’était le mieux qu’il était possible.
    Pourtant j’ai eu une épisio pour l’ainée, mais elle a tellement bien cicatrisée que je me dis que c’était un mal pour un bien. (et j’ai eu tellement mal avec un hématome pour la seconde!!!)
    J’ai eu des sages femmes très à l’écoute. je me souviens d’une étudiante SF qui me parlait et me massait les épaules à chaque contractions au moment de la pose de la péridurale.

    Finalement c’est en dehors de mes grossesses que j’ai eu du mal avec le monde des gynécos…

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  13. Pas de violence obstétricale pour ma part mais en revanche une ponction cauchemardesque pour ma 4eme fiv faite sous anesthésie locale. J’étais devenue un animal, tant je hurlais de douleur, maltraitée par un gyneco qui n’arrêtais pas de ponctionner mes ovocytes malgre une tension qui crevait le plafond, mes hurlements et ceux de sa collègue qui le sommait d’arrêter. 30 minutes d’enfer, pour entendre « ce ne sont que des douleurs de règles, alors on va être positive pour garder un bon souvenir de cette expérience (maisWTF sérieux?!) », et « de toute façon vu votre taux de progestérone on ne fera pas de transfert » : effectivement cette fiv n’a pas fonctionné, tout ca pour Ça
    …. J’ai vécu cette ponction comme un viol et passe le traumatisme je n’ai pas eu le courage de faire un courrier pour dénoncer ce gyneco qui n’en était pas à son coup d’essai.
    Pour l’accouchement de mes deux merveilles, fait par césarienne, la violence ne venait pas du personnel qui a été absolument incroyable mais de la séparation à peine leur premier cri pousse, car ils étaient tous les deux en détresse respiratoire. 12h et 26h m’ont respectivement séparée de chacun de mes enfants et je crois que je ne cicatriserai jamais d’avoir « rate » leurs premiers instants, même s’ils vont très bien aujourd’hui! Et c’est de loin l’essentiel….
    Ton histoire me donne froid dans le dos, car même si l’issue est heureuse tu aurais pu y laisser ta peau…. et malgré tout, tu retiens le positif et surtout tu as dépassé tout ca pour tenter une troisième grossesse! 👍🏻💪🏻

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    1. TON histoire me donne froid dans le dos. C’est à peine croyable. Dans le cadre d’une FIV, c’est encore pire je trouve car on est obligé de subir les maltraitances parfois, les maladresses souvent, si nous voulons un enfant. Alors qu’au moins, après un accouchement, le bebe, on est sur de l’avoir à la fin ;). Pour moi, ce n’est pas l’accouchement foireux d’ailleurs qui m’a fait peur pour retenter un numéro 3, mais bien le parcours PMA en lui-même .. essaie de ne pas trop ressasser d’avoir raté les premiers instants ( dis la fille qui à ressasser 3 ans de n’avoir pas su allaiter ses twins..), pour te rappeler les jolis moments. Ruminer les choses qu’on n’aurait pas pu changer de toutes façons n’aide pas à avancer, je commence à m’en rendre compte ! Merci de ton témoignage ici 😘

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  14. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’on doit accepter une part d’inconnu et ne pas s’attendre à l’accouchement « idéal » ou rêvé. Cependant, je pense qu’il y a un GROS problème avec la sur-médiatisation de la grossesse et de l’accouchement. Et surtout de nombreux actes aux conséquences iatrogènes. En premier lieu la position gynéco imposée (qui entraîne des complications qui n’auraient pas forcément eu lieu si on avait laissé la femme bouger comme elle le souhaite). Donc oui il y une part d’inconnu mais oui un accouchement est d’abord physiologique et un bon accompagnement humain (une femme/une sage-femme) éviterait de nombreuses intervention médicales…

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  15. Sinon pour ma part j’ai très mal vécu mon 2 ème accouchement car on n’a respecté aucune de mes demandes. Mais tout s’est bien passé donc je ne me sentais pas le droit de me plaindre… Juste, je n’ai pas voulu retourner à l’hôpital et pour numéro 3, c’était à la maison ou rien. Et ce fut à la maison… 🙂

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  16. Les suites de ton deuxième accouchement ont quand même été hard… ici, des accouchements compliqués, hyper médicalisés mais je ne me suis jamais sentie agressée… Même dans l’urgence, tout m’a toujours été expliqué, réexpliqué… Tout a été verbalisé !
    2 Césariennes mais qui étaient indispensables…

    Bref, rien de rose, mais rien de noir non plus

    Virginie

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  17. Ton histoire est touchante. Moi c’est mon 1er accouchement qui n’a pas été un bon souvenir à cause de cette infirmière qui m’obligeait à donner le sein, même quand le BB n’arrivait pas le prendre. Résultat la petite qui ne pesait que 2kg500 avait perdu du poids et il ne voulait pas me laisser rentrer chez moi sous prétexte. Mais j’ai insisté, signé une décharge et je suis rentré avec ma petite qui à pris du poids et qui aujourd’hui à 12 ans.

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  18. « il y a très peu de chance que ces 2 embryons s’accrochent madame » la… violence de cette phrase… (violence sûrement inconsciente mais ça a du être tellement dur à entendre 😦 )

    C’est vrai qu’on est très sensible et qu’on a beaucoup d’attentes autour de l’accouchement, et de la grossesse, ce qui explique sûrement que certains actes, certaines paroles nous marquent autant.
    Les soignants font pour la majorité un travail remarquable, mais lorsque quelqu’un a des mots ou gestes malheureux à cette période de grande sensibilité ce peut être dévastateur.

    J’en veux toujours au gynéco qui m’a accouché pour mon fils de ne même pas m’avoir prévenu qu’il me faisait une épisio. Je l’ai découvert en le voyant me recoudre.
    Ça passe pas, même trois ans et demi plus tard, je suis en colère rien que d’y penser.
    Bon il ne m’a pas parlé des forceps non plus, c’est l’aide soignante qui voyante ma tête affolée s’est sentie obligée de m’expliquer ce que c’était et pourquoi on utilisait ça.

    Du coup, lorsque pour mon deuxième accouchement je suis tombée sur des sages femmes à l’écoute et qui m’ont expliqué le moindre geste qu’elles faisait, j’ai vraiment réalisé que ça pouvait être différent 🙂

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    1. Le pire c’est qu’on reste « bloqué » sur certains actes très longtemps. Quand tu me dis que tu es encore en colère plus de 3 ans après une épisiotomie non annoncée, ca me met en rage. Et on est nombreuses dans ce cas, à ressasser des années alors que ne devraient rester que le bonheur d’avoir donné la vie. Ça coûte quoi de prévenir qu’on va faire une episio, parce qu’il le faut a ce moment là ?… moi, bizarrement, la petite phrase sur la faible chance que les embryons tiennent, elle m’est passée au dessus sur le moment. J’etais sûre qu’ils vivraient. C’était certainement de l’inconscience, mais ça m’a été très précieux d’y croire si fort des le début ! Merci de ton témoignage et à bientôt 😘

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  19. J’ai accouché il y a 4mois, mon mauvais souvenir c’est cet interne qui s’obstine à me faire un test ph alors que la sage femme lui repète que mon col n’est ouvert qu’à 2 et que c’est donc impossible. Et qu’au bout de 10 min il félicite mon mari pour  » mon périné d’enfer « . La sage femme était outré et nous tellement sur le Q qu’on n’a rien su répondre… pour finir en césa d’urgence avec une ventre plein d’hematome et un cicatrice qui saigne pendant des jours mais « c’est normal »!
    Bah non ! Soins infirmiers pendant 1 mois.

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    1. Il est magique ce commentaire totalement inapproprié sur ton périnée !!! Et encore une fois, tu n’as rien dit, ce que j’aurais fait aussi certainement. Du coup, je suis sûre que l’interne a continué de féliciter des maris sur l’état de la chatte de leur femme sans se rendre compte de la stupidité du truc ! Il faut reprendre la parole, il faut dire NON, …. mais bien souvent, nous en sommes incapables sur le moment.

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  20. comme je l’ai vécu cette violence de la PMA… Du coup c’est vrai qu’à côté la violence de l’accouchement de ma fille m’est passé carrément au dessus (et pourtant c’était trash!). Faut dire que j’étais prête à tout endurer pourvu qu’elle sorte de là vivante.

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  21. Merci pour ce beau témoignage. Tu m’as beaucoup touchée.
    A mon niveau, je n’ai pas l’impression d’avoir vécu de violence obstétricale. Juste des indélicatesses comme par exemple quand j’ai demandé si le distilbène pouvait avoir une incidence sur moi comme ça en a eu pour ma maman… « Oui madame » Pas un mot de plus. Et finalement, si elle s’était renseignée un peu, elle aurait su que non, pas forcément, loin de là et ça m’aurait évité des années d’angoisse!!

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  22. quel témoignage!!! j’ai eu la chance pour ma part d’avoir deux accouchements merveilleux, je ne parle pas du pré-travail excessivement long, de la sage-femme pour crapulette qui la veille alors que letravail avait bien commencé m’a dit « bon aujourd’hui pas de chichi vous faites du ballon, vous marchez et c’est tout! Ni de celle pour numerobis qui m’a fait de la psychologie de comptoir avec son « nan mais vous savez si ça se trouve vos contractions vous les ressentez fortes car vu votre passé vous supportez mal la douleur (co****** c’est plutôt le contraire!), mise à part ça deux accouchement super!!

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  23. Bonjour,

    Je viens de découvrir tes articles via IG. Je lis et lis tous tes billets, une belle découverte! et puis, il y a cet article qui me fait frissonner, mes yeux s’embuent.. Moi aussi j’ai connu une seconde grossesse, un second accouchement très difficile.Je n’oublierai jamais.
    J’avais 28 ans, il y a deux ans….
    Après 3 ans d’attente, 2 fausses couche, 2 changements de gynéco, des tests à n’en plus finir, abaisser sans cesse la culotte, faire des prises de sang, un début de parcours PMA, pleurs, tristesse rage, se sentir vide ET enfin ce petit bonheur surprise que Dame nature m’a si généreusement donné.
    A 1 mois du sang risque de fausse couche encore PLEURS, à 3 mois on découvre un placenta praevia PLEURS, a 6 mois une suspicion de micro céphalie PLEURS, on décide d’une césarienne… LE 27 septembre 2015 à 11h15 enfin je te vois et je t’entends.
    Je me souviens encore de notre arrivée à la maternité, mon mari et moi, joyeux à l’idée de savoir que quelques h nous séparait seulement de notre enfant tant attendu et de ce timide au revoir de la main que je lui fit au bout du couloir et lui lançant un « à tout à l’heure »…
    Ce à tout à l’heure n’arriva pas tout de suite et surtout pas comme prévu…. 30 min après la césa, grave hémorragie de la délivrance, le gynéco tout blême ne me dit pas un mot et nem’explique pas ce qu’il va se passer et ce qu’il se passe tout simplement.J’ai peur, je suis seule. Le lit longe les couloir, il roule jusqu’au bloc, le gynéco me mets les jambes encore un peu endormie en l’air et commence son travail. L’anesthésie ne fait plus effet, et je suis placée juste en dessous des lumières, je vois tout et ma tension baisse à 7, ça fait mal.Je veux mourir, je n’oublierai jamais sa main, son bras jusqu’au coude enfoncée dans mon vagin ou cet immense trou béant.Du sang du sang et mon regard reste comme figé.L’anesthésiste propose de m’endormir il refuse et dit il faut faire vite.Je n’oublierai jamais. Etant un dimanche, en clinique et en sous effectif, mon gynéco veut me transférer ailleurs, personne ne veut de moi et pourtant mon cas demande une surveillance accrue ( le SAMU viendra me chercher pour Beaujon, après de multiples appels ci et là dans les grands hôpitaux Parisiens).Je n’ai pas vu ma fille et ne sait pas à quoi elle ressemble, mon mari vient me dire au revoir, la gorge sèche, le teint blaffard et l’allure titubante, lui à qui on a dit que tout allait bien quelques heures plus tôt et qui a pu profiter du bébé en chambre.Moi je ne peux parler, tant la douleur et le choc est grand.
    Je ne veux pas quitter mon gynéco, je n’ai confiance qu’en lui et son regard bienveillant sur moi m’est cher. J’ai peur. J’ai très mal.S’en suivra un séjour à Beaujon, loin des miens, ma fille en nursery et mon mari faisant les allers et retours pour nous deux.Voilà pour les grandes lignes, je ne ferais pas état de ma non envie d’allaiter, de la pression que l’on m’a mise, des médicaments que l’on m’a donné pour arrêter la montée de lait qui me donnait des hallucinations et qui m’ont empêché de me lever durant une semaine ….
    Je ne me suis jamais réellement remise de cet accouchement, je suis suivie par Beaujon dans le cadre d’une étude sur les femmes ayant subit une hémorragie de la délivrance.
    5 mois après cet accouchement et la cicatrice encore bien gonflée, j’apprends avec stupeur être de nouveau enceinte….J’ai peur et je n’en veux pas.. je subis le regard malveillant de ma famille, des gens dehors… Malgré tout, c’est une grossesse très facile, douce, agréable même si ma fille est encore un nourrisson..Comme pour conjurer le sort j’apprends qu’il s’agit d’un beau bébé, en bonne santé et surtout d’un garçon. Un accouchement comme prévu le 17 janvier sous surveillance…seul hic la pose de la péridurale, mal faite qui me causera un nouveau mal…Une brèche, souffrance totale, le personnel soignant pas sympa, qui me dit que je somatise. 4 jours à l’hôpital pendant lesquels je n’arrive pas à regarder mon bébé, très peu à le porter..On fera un blood patch ( une nouvelle péridurale en y injectant du sang cette fois ci afin de refermer la brèche ) en urgence ….
    Voilà mon histoire.
    Je n’en parle pas souvent et pour cause, les traumatismes sont là et les flash aussi.
    Pour finir, et c’est vraiment la poisse, opération il y a deux semaines, mon stérilet a traversé mon utérus et s’est logé dans le pelvis…Sympa non !
    Tout ça est véridique malheureusement.
    Un petit 4e…. non merci !
    Cela fait partie de la vie et des risques de la grossesse, heureusement qu’il existe du personnel soignant attentif, dans l’empathie qui nous permet de rebondir et de se donner du courage. Merci à eux. Merci à toutes ces femmes qui ont le courage de témoigner et donner du courage aux autres. Merci aussi à nos maris et entourage qui débordent d’amour dans ces moments là et surtout merci à la vie de nous faire don de cette magie.

    Yasmine

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    1. Ton témoignage est très fort. Merci de le partager ici. Que de souffrances tu as dû endurer … bien sûr l’important est d’avoir réussi à avoir cette jolie fratrie, mais les séquelles semblent encore vives. Le temps apaise, toujours … bon évidemment le coup du stérilet, on dirait une mauvaise blague, mais bientôt, tes souvenirs seront un peu plus doux, tu verras.

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  24. Je suis clairement l’une des chanceuses qui n’a pour souvenir de mes deux accouchements que de belles choses.
    De cette SF qui me donne de la morphine et qui m’explique avec une métaphore comment accepter la contraction et non la combattre.
    Du prénom de la SF qui m’a accouché, Elina.
    Du respect de mes demandes lors de mes deux accouchements, a savoir tout sauf l’épisio. (J’ai eu 2 déchirures).
    De cette SF qui a rappelé 2 fois l’anesthesiste parce qu’il y avait clairement un problème dans son dosage.
    Qui m’a ensuite demandé gentiment quel jour je voulais accoucher (on approchait de minuit), et j’ai trouvé ça tellement chouette de pouvoir choisir.
    Vraiment, je suis une chanceuse. Et je rêve de continuer à l’être pour mon troisième accouchement.

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