Le bide en vrac

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Attention, billet 100 % geignard, écrit sous le coup de la fatigue, de la colère, et de la tristesse aussi un peu. J’espère qu’il ne fera pas trop peur aux futurs parents de jumeaux qui me lisent, mais j’ai besoin de vous raconter la boule que j’ai dans le ventre depuis quelques temps. Rappel des faits : mes jumeaux ont 3 ans. On m’avait dit tu verras c’est plus facile. Et c’est vrai. Nuits sereines, logistique allégée, et acquisition progressive de l’autonomie font que oui, c’est plus facile. Alors pourquoi ce matin je n’y arrive plus ?  Pourquoi les larmes sont juste là, derrière mon regard éteint, pourquoi je n’arrive plus à avaler quoique ce soit depuis des jours, des semaines ? Il y a eu cette scène apocalyptique au Monoprix où mes 2 petits se sont mis à hurler devant la caisse, parce que j’avais refusé de leur acheter un jouet. Je passais mes articles comme un robot à la caisse automatique, serrant les dents, ignorant mes enfants hystériques qui se roulaient par terre et les commentaires des clients. Certains se sont amusés de la scène, hihi, les petits jumeaux qui font une crise en stéréo, ça doit pas être facile tous les jours pour cet pauv’dame. Le vide, faire le vide pour ne pas craquer là devant le vigile, devant tous ce public qui peut- être n’attendait que ça. Puis il y a eu ce retour de l’école, où ma fille a refusé de marcher alors que l’heure tournait et que les grands m’attendaient devant l’école. Je l’ai trainée, suppliée, engueulée, raisonnée. Ça a pris des plombes, elle a fini pieds nus sous la pluie (c’est la seule solution que j’ai trouvé pour arriver à l’heure pour récupérer les grands). Il y a aussi toutes ces demandes, incessantes, permanentes, étouffantes. Maman je peux regarder la télé, maman il est où mon doudou, maman j’ai faim, maman j’ai mal, maman, maman, maman, maman, mamaaaaaaaannnnn TOUT le temps du lever au coucher ….  Il y a eu tous ces petits-déjeuners, où les verres ont été renversés, tous ces diners, où leur refuser un troisième dessert signifie irrévocablement pleurs, cris et soirée fichue. Il a eu tous ces matins, où je me lève bien avant tout le monde pour faciliter les choses, mais où l’on sera quand même en retard parce que leur faire enfiler un manteau a encore viré au bras de fer. Il y a toutes ces soirées où le coucher dure une heure, où ils se lèvent chacun leur tour pour un pipi ou un verre d’eau de plus, et que ça me rend folle. Il y a eu hier soir, où j’ai allumé la machine à laver juste pour pouvoir pleurer bruyamment, comme une gosse, parce que je n’en pouvais plus, parce que je ne les supporte plus parfois, parce que quand ça n’est pas un qui decide de me tester, c’est l’autre, quand ils ne s’y mettent pas à deux. Et il y a ce matin, où je n’arrive plus à parler, où je n’arrive plus à respirer, alors je m’épanche sur le clavier… Promis demain, tout va s’arranger.

128 commentaires sur “Le bide en vrac

  1. Si vous saviez à quel point votre article me parle … ces moments où je vois se rouler devant moi bb4, 27 mois, juste parce que j’ai dit non. Voire qu’il me tape- petite tapette mine de rien mais bien réelle. La propreté qui redevient aleatoire alors que c’était classé. Les hurlements. Les âneries décuplées à l’extérieur – comme si c’était fait exprès. Les nuits qui redeviennent hachées et les réveils matinaux ( mais pourquoiiii?). Et les 3 autres devant , à faire travailler, sécher les larmes, percevoir les angoisses , les problèmes d’ado (13-12-8 ans), gérer les cris ( noooon pas de bb4 dans ma chambre!!)
    Et puis la cuisine , le linge ( laver – ranger – acheter surtout quand bb1 a pris l’idée de prendre 8 cm en 3 mois, qu’il me dépasse , mue 😱….). Les rdv, inscriptions aux activités ( lever il y a une semaine à 4h Pour faire la queue à la piscine , si si)
    Et le boulot, avec son lot de ( grosses ) responsabilités et donc de (grosses) emmerdes, mais qui me passionne… et puis en plus, comme si cela ne suffisait pas, je m’investis dans l’association de parent d élèves.
    L’équilibre est délicat. Fragile. Je pleure aussi parfois. Je crie aussi … souvent ( je travaille dessus). Et quand je suis au fond, je ne vois que des ennuis. Mais après qqs heures, je regarde mes loulous avec fierté, et me dit que chacun a sa place, que je ne dois pas oublier que bb4 reste un bébé et que , ben oui, j’ai parfois envie de m’enterrer six pieds sous terre en public, mais je suis tellement attendrie et fière quand les gens se retournent en voyant mon grand donner la main au petit.
    Je les aime de tout mon cœur. Comme vous. Je fais au mieux. Comme vous. Il y a des jours meilleurs que d’autres. Comme vous. Et le fait de lire tous ces témoignages montre que nous avons souvent les mêmes galères. Et cela rassure. J’ai appris depuis qqs mois, après une année dernière treeeees compliqué , à redescendre la barre de mes exigences, fixée sans nul doute trop haute par moi même d’ailleurs ( comme vous?). Et j’ai appris à DIRE quand c’était difficile. Et accepter de l’aide…. mine de rien, ca m’a allégée.
    Je vous lis souvent. Merci et courage.
    Agnes

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    1. Merci de ce message ! J’aurais pu écrire exactement les mêmes mots ( La queue pour la piscine et l’association des parents d’élève en moins, vous êtes ceinture noire de la parentalité, j’en suis encore à la jaune ;). Allez, on redescend encore d’un cran la barre des exigences, et on arrivera à en faire 4 adultes qui tiennent la route, j’en suis sure !

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  2. C’est très courageux de ta part de nous livrer tout ça… thérapeutique pour toi mais pour nous aussi… ça montre que tout n’est pas toujours simple et que craquer c’est permis 🙂

    Avec mes quatre (dont mes twins de 4 ans) + le travail (ma bouffée d’oxygène bien des fois!) + TOUT le reste … je compatis!

    Même s’ils sont relativement calmes ça m’arrive de péter un câble parce que ce jour là « la coupe est pleine » et je suis d’accord la période de rentrée n’est pas facile. Perso quand je sens que ça va déborder et que je vais hurler à en faire trembler les murs de la maison je mets les filles chacune dans leur chambre et je le demande de me laisser souffler 5 mns et au diable les conseils de mères modèles… on fait ce que l’on peut !

    Pas de remèdes magiques à te donner parce que nous sommes toutes différentes et nos loulous sont tous différents mais juste beaucoup de courage et pleins de douceur…

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    1. Un peu flippant de se livrer ici sans filtre, avec ses failles et ses coté sombres, et puis je me suis dit que ça pouvait aussi aider toutes celles qui se cachent de temps en temps pour verser des larmes de crocodiles, tout en surveillant la cuisson du gratin de loin. Moi aussi le travail est ma bouffée d’oxygène, et je suis persuadée n’être pas assez forte pour m’occuper d’eux à plein temps. Je prends ton courage et ta douceur, à ressortir la prochaine fois que je sens que les murs pourraient trembler !

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  3. Je compatis ! Je n’ai que 3 enfants sans jumeaux mais je rentre assez tard aussi et cela me rappelle des souvenirs ( mauvais , les souvenirs !)… depuis que j’ai repris pour ma troisième nous avons pris une nounou qui va chercher tout le monde à l’école qui surveille les devoirs donne les bains et meme, luxe suprême, prépare le dîner. Alors oui 4 soirs par semaine ce n’est pas moi qui le fait, alors oui la soupe de légumes ou le gratin de choux fleurs n’est pas comme moi je l’aurais fait mais justement je l’ai pas fait et là est le miracle ! Celui de dîner tôt ensemble et d’avoir ensuite le temps de checker les devoirs si nécessaire mais surtout le merveilleux temps de lire ensemble, discuter de la journée, faire des câlins .. et c’est ce temps là dont nous avons besoin eux et moi. Cette nounou a un prix c’est sur mais c’est aussi le prix de la paix, du calme le soir , celui de savoir mes enfants dès 16h30 à la maison , de savoir qu’ils peuvent jouer un peu tranquilles sans que je les speede à max… celui du temps de qualité ensemble .
    Ca a changé ma vie !!
    Courage en tout cas je n’ose imaginer le rythme que ça doit être avec 4 dont des jumeaux !
    Et oui la charge mentale de la rentrée nous explosé dès le début …
    Bises

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  4. Moi je dis que les adultes ne pleurent pas assez en ce bas monde. Rien de tel que de pleurer à chaudes larmes quand on est à bout. Quelles que soient les raisons, quels que soient les raisonnements et le relativisme toujours actifs quelque part dans un coin de notre esprit, quel que soit le soutien qu’on a du mari ou du psy ou des copines, pleurer ça résout un très grand nombre de choses dans le présent.
    Merci pour cet article qui m’a rejoint jusqu’à la moelle.

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  5. Pas de jumeaux et que 3 petits mais jai le droit de participer à ce billet parce que j’en ai un qui sur mon niveau de stress fatigué compte double 😉
    Moi aussi je craque parfois du maman non stop. Ils arrivent à m’appeler meme quand je suis assise à table avec eux. Euh …. pourquoi tu m’appelles je suis La ?!?!? Dis directement ce que tu as à dire !
    Pour pas craquer partir au boulot aide bien faut être honnête. Sinon je dis à l homme que j’en ai marre et il me relais direct. Je peux aller à la salle de sport , monter au lit bouquiner ou régard der la télé et puis jai les soirées filles toutes les 5 semaines.
    En tout cas tu n’es pas seule !!!!! Et je crois qu aucune de nous n’a le secret pour abolir de sa vie ces coups de ras le bol.
    J’ai un adage : « ça va passer, tout passe …. » que je me ressors aux bibs de nuit , aux dents, aux coliques , aux colères , a l adaptation nounou , aux pipi au lit et actuellement au dépôt à la maternelle dans les hurlements …
    BON COURAGE et trouve vite un relai pour pouvoir souffler qq heures.
    Bises

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    1. Ici parfois, ils font même le coup de m’appeler et quand je leur demande ce qu’ils veulent, ils ne s’en souviennent même pas. Juste appeler maman pour être sûre qu’elle n’est pas loin quoi … très énervant parfois 😱. Merci de ton message plein de sagesse, j’ai le même adage que toi depuis quelques années et je m’en sers comme d’un bouclier contre la pression parfois trop forte ! Aujourd’hui ca va mieux, je vais mieux, prête à affronter la prochaine tempête 🙂
      A bientôt

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  6. Juste un mot ‘ guerriere ‘! Merci pour ce partage, ca fait du bien de lire qu il n y a pas qu ici qu il y a des caprices , des cris , des pleurs etouffes avec une machine a laver. Allez haut les coeurs! Dans 15 ans on se souviendra de ces moments et peut etre, je dis bien peut etre qu on en sera un peu nostalgique…

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  7. Je n’ai rien à dire à part : je vois tellement mais tellement ce que tu veux dire. Et pourtant j’en ai que deux. Je me dis comme est-ce possible en rentrant tout juste de vacances d’être déjà si fatiguée moralement. Tiens bon. Bisous

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  8. Franchement le jour ou je suis arrivee au stade que tu decris j’ai pris la merveilleuse decision de me faire aider par une pedo-psy/conseillere familiale qui m’a appris a gere mes enfants et …. En 5 seances (seule, sans enfants)ma vie a changer. Fini les crises et les negociations sans fin. J’ai aussi fais le grand vide dans la maison et me suis simplifiee la vie au max. Ca m’a pris un an pour reaprendre a tout gerer mais nous avons enfin une famille serene!!! Bien sur mes enfants sont des enfants et je pete un cable de temps a autre mais notre vie a vraiment changee parceque j’ai appris a parler a mes enfants et a compatir.

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  9. Chez moi, il y a aussi 4 trésors : 6,5 ans, 5 ans et des twins qui ont 3 ans dans 2 mois… Je croyais aussi qu’après ça irait mieux… Ces temps, j’aurais bien échangé de revivre leurs 6 premiers mois contre le passage de 2 à 3 ans. Je crois que ce qui est le plus dur, c’est qu’on se trouve nulle de ne pas y arriver. Alors ne restons pas trop longtemps dans cette pensée négative et valorisons le peu qu’on peut. Regardons le verre à moitié plein et pas celui à moitié vide. Et ne sous-estimons pas le manque de sommeil.
    Merci pour ce billet que j’attendais un peu finalement. Merci de nous montrez qu’il n’y a pas que nous dans le vrai monde !!!

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    1. Moi aussi je crois que j’échangerais bien les 6 premiers mois contre cette phase du terrible 2/3 ! Merci de ta positivité, je pense comme toi d’habitude, mais de temps en temps, j’oublie 😉 et bravo pour ta jolie famille, 4 enfants en 3 ans, c’est un joli score !!!

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  10. Je vous lis alors que le 4eme est encore bien au chaud dans mon ventre… et j’appréhende et me réjouis en même temps beaucoup de cette prochaine (et dernière !). Courage les filles !! Moi je suis maman à plein temps et ce qui m’aide c’est…les quelques sorties entre copines et j’ai aussi testé les ateliers DISCIPLINE POSITIVE : c’est top de partager nos difficultés de parents avec d’autres et surtout se voir proposer des solutions ! Sans compter tous les livres qui abondent sur la question comme « Parler pour que les enfants écoutent et écouter pour que les enfants parlent ». Allez j’y retourne ça braille chez moi 😂 Bon courage à toutes !!

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  11. Ca doit être la saison des bides en vrac, je traverse une période un peu similaire alors que justement j’étais si zen ces derniers temps…
    Hier était un mercredi comme je ne les aime pas, un mercredi à avoir envie de ne plus les voir, un mercredi comme il y a longtemps quand je n’allais pas bien du tout et que mon N°2 faisait son terrible two.
    Je pensais avoir dépassé ce stade depuis longtemps, avoir réglé tellement de choses dans ma vie.
    Et hier soir mes sanglots après un énième engueulade avec chéri, sans même mettre en route la machine à laver…
    J’imagine que les hauts et les bas sont inévitables, et que les choses vont reprendre leur place. Quoiqu’il en soit et comme tu le dis, il est vrai que ça va mieux…
    Des bisous 🙂

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    1. bah parfois un bon « down », aide à remonter? Septembre est le mois de l’arrivée de l’automne, le deuil des vacances, le froid, l’école, les gens maussades autour de soi… courage, le cocooning, les câlins, courage… courage … courage…. Même les mauvais jours passent aussi…. Peut-être moins vite psychologiquement, mais nous sommes nombreuses dans ces petites galères qui n’en finissent jamais. Haut les coeurs… les continuantes sont les gagnantes. Un bon apéro le soir, çà aide dans la tourmente.

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