Maman puissance 4 : Découvrez Marine

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C’est au tour de Marine de se prêter au jeu de l’interview Maman Puissance 4. Son petit dernier vient tout juste d’arriver, et elle a pourtant trouvé le temps de répondre à mes questions ! Je vous laisse découvrir sa vision de la maternité, et sa façon de mixer intelligence et bienveillance au quotidien pour couver sa maisonnée …

La famille nombreuse, c’était un rêve de petite fille ?

Absolument pas. C’est étonnant d’ailleurs, car c’est une question à laquelle
je pense souvent. Je n’ai jamais rêvé, enfant, de mariage par exemple, de
robe blanche, d’enfants… j’ai toujours été assez indépendante voire
solitaire, je ne me suis jamais sentie particulièrement maternelle, les bébés
des autres ne m’ont jamais spécialement émue… la maternité n’a jamais
été un but. Elle a d’abord commencé par être une conséquence heureuse
de mon histoire d’amour avec Jean-Chou.
Et puis je me suis complètement laissée surprendre par l’aventure de ma
première grossesse. La naissance de notre premier bébé m’a littéralement
bouleversée. Elle a ouvert une porte, m’a permis de découvrir une facette
de moi dont j’ignorais totalement l’existence auparavant. Et cela a signé le
début de notre grande aventure.
Issue d’une fratrie de trois enfants, je savais, en théorie, que je ne voudrais
pas un seul enfant. Mais jamais je n’aurais imaginé en avoir quatre… c’est
venu petit à petit. Un enfant en a appelé un autre. Si chacun d’entre eux a
été profondément désiré, rien n’a été planifié.
J’ai aussi eu la chance de rencontrer leur père assez jeune…ce qui nous a
laissé le loisir de beaucoup profiter à deux, se poser les questions
nécessaires, et laisser venir à nous la question des enfants, sans pression.
Je me souviens tout de même d’une chose : vers 25 ans, j’ai senti le
« besoin » viscéral de commencer à penser à la maternité… sans savoir
comment l’expliquer, j’étais persuadée qu’il ne fallait pas que je perde trop
de temps sur cette question… je me suis sentie mue par une espèce
d’urgence, me dictant qu’il fallait que je profite ici, et maintenant, tant qu’il
était encore temps. Cette urgence est toujours en moi aujourd’hui. Je suis
heureuse aujourd’hui d’avoir suivi cet instinct.

Raconte-nous quelques jolis souvenirs de tes grossesses et de tes
accouchements.

La naissance de mon premier enfant, ma première fille, m’a cueillie. Je me
souviens assez précisément de ce premier accouchement. Cette soirée de
canicule à Levallois, en mai 2008. Le début des contractions, la douleur
dans les reins. Le sang, les larmes, la sueur, le lait. La sensation d’amour
fou qui m’a saisie, cette relation comme animale, qui s’est créée, dès la
première seconde, avec cette petite chose merveilleuse. Un coup de
foudre. La nuit blanche que j’ai passée sur mon lit d’hôpital ensuite, peau à
peau avec ce petit corps nu, émue par ce souffle minuscule, ces petits
poings et ces petits pieds contre mon ventre, ce petit être humain que
j’avais fabriqué, pour lequel je n’avais pas spécialement de sentiments
quelques instants auparavant, et pour lequel, finalement, je me suis mise à
ressentir le plus fort des amours. Et puis j’ai eu d’autres enfants, et j’ai découvert que les accouchements sont différents, les ressentis aussi. Le coup de foudre est différent. Parfois il prend plus de temps. Mais l’amour, quoique différent, est aussi fort pour chacun. Quelque chose de dingue !
Je me souviens très bien de chacun de ces « détails », je me rappelle avoir
eu besoin de les consigner dans un coin de ma tête tout en les vivant.
Mes trois enfants suivants sont nés à Nice, face à la mer. Je garde un
souvenir merveilleux de chacun de mes séjours à la maternité : dans cette
chambre surplombant la Méditerranée… J’ai profité de chacun de ces
séjours passionnément, comme un rite de passage, un pont pour passer en
douceur de la vie in-utero à la vraie vie.
L’accouchement pour mon deuxième enfant s’est passé de manière
express… très rapide, très intense, très douloureux.
La naissance de ma troisième s’est merveilleusement bien passée… mais
l’accouchement s’est suivi de quelques complications et d’une hémorragie
de la délivrance qui nous ont… marqués. Un moment éprouvant.
Et enfin, comme si j’avais, naissance après naissance, progressé… j’ai eu
un merveilleux quatrième accouchement. Comme si les trois précédents
m’avaient servi pour m’améliorer un peu plus : j’ai eu la sensation, enfin, de
« profiter » de cette période pourtant douloureuse et éprouvante des
contractions précédant la naissance… j’ai eu l’impression d’être plus
présente, moins « soumise » aux éléments, plus dans le contrôle et la
maîtrise de ce qui était en train de se passer dans MON corps.
J’ai beaucoup mis à profit mon expérience acquise au yoga, par exemple,
notamment pour la respiration… qui m’a énormément aidée.
Bizarrement, malgré la douleur évidente d’un tel moment… j’en garde le
souvenir d’avoir presque ressenti du plaisir. Comme si j’avais réussi à
atteindre un stade que je n’avais pas connu précédemment.
Une sensation d’accouchement « réussi »… qui donnerait presque envie de
recommencer, juste pour voir jusqu’où le corps féminin est capable d’aller
et de progresser !

À quoi ressemble une journée type de ton quotidien ?

Globalement, tout notre quotidien tourne autour des enfants. La semaine, après la sonnerie du réveil à 6h45 tapantes, Jean-Chou accompagne, à pied, les trois « grands » à l’école. Un kilomètre de marche chaque matin qui sert de « sas » entre la maison et l’école, qui donne lieu à des conversations sur tout et rien… ces moments essentiels, un petit rituel qu’il ne manquerait pour rien au monde. Avant de tomber enceinte de notre quatrième, nous faisions le trajet tous ensemble, tous les matins.

Je suis au foyer. Je m’occupe de mon bébé la journée, des courses, de la maison, et des
enfants l’après-midi à la sortie de l’école, et de toute la période de rush entre 17h et 20h. Je fais à peu près tout à la maison durant la semaine, car jean-Chou travaille beaucoup et ne rentre pas spécialement tôt… tout en me sentant hyper chanceuse d’avoir ces moments de calme en pleine journée pour « recharger les batteries », qui me donnent vraiment l’impression de me permettre de maintenir un bon équilibre, de garder de l’énergie pour pouvoir la redistribuer aux enfants ensuite, sans m’oublier au passage.
Notre petit dernier a un mois et demi, et la rentrée vient d’avoir lieu, alors j’apprivoise
doucement ces moments en essayant de créer de nouvelles petites habitudes. Ce n’est pas
évident de retrouver le rythme, mais je sais qu’après les premières semaines un peu
militaires, on va finir par se recréer de nouveaux petits rituels.
Il y a les devoirs des plus grands à encadrer, la petite troisième qui aura bientôt quatre ans, qui ne fait plus de sieste à l’école (et est donc un peu explosive en ce moment à la maison…), dont il faut beaucoup s’occuper. Le diner à préparer, les douches, les chambres à ranger… et leur laisser un peu de temps pour souffler ! Et ce bébé, qui, même s’il nous parait être le plus cool de tous les bébés, demande tout de même de l’attention non-stop, entre les biberons, le bain et les couches à changer. Il y a les activités sportives des enfants, aussi… bref, on est bien occupés.
Le week-end, Jean-Chou est là et on se partage les tâches (et les plaisirs !) à 50%.
On essaie de continuer à privilégier les activités sportives de l’un et de l’autre, tant on sait à quel point ces petits moments « pour soi » sont bénéfiques ensuite, par ricochet, sur le couple, et sur la famille. Jean-Chou fait du trail, et participe à des ultra-trails durant l’année. Il va courir régulièrement. Et moi j’ai découvert le yoga il y a cinq ans, et c’est devenu une activité absolument indispensable pour mon équilibre. Jean-Chou s’occupe des enfants pendant ce temps-là. J’en fais au moins une fois par semaine. J’ai hâte de reprendre… Ces dernières années, et jusqu’à la naissance du petit dernier, et même jusqu’à mes 8 mois de grossesse, on parvenait à aller, tous les deux, à des séances de yoga. C’était un vrai bonheur de partager ces moments lui et moi. Notre objectif est de nous y remettre !
Le week-end, on est hyper-famille… mais on ne centre pas toutes nos activités en fonction des enfants. On fait des choses qui nous plaisent à nous, en tant qu’adultes. Des restos, des sorties, la plage, des visites culturelles. Voir nos amis.
On n’est pas spécialement fans des parcs d’attraction, squares et autres activités pour
enfants. On s’est interdit par exemple d’avoir à faire des allers-retours pour les activités
sportives pour les enfants ; tout est casé pendant la semaine.
On limite les sollicitations extérieures, multiples invitations aux anniversaires par exemple…à ce qui a vraiment de l’importance pour les enfants. Sinon, on passerait facilement tous nos week-ends à ça ! On essaie de privilégier au maximum les moments « juste » tous les six, les plages de liberté pour rêver, jouer, improviser… qui nous paraissent essentielles, autant pour eux que pour nous, compte tenu du rythme déjà très soutenu durant la semaine.
La famille nombreuse exige une organisation quasi-militaire. Comme je ne suis pas
particulièrement militaire moi-même (même si mon grand-père militaire m’a surement
transmis un peu de son sens de l’organisation), j’ai absolument besoin de compenser cette rigueur, toujours un peu anti-naturelle pour moi, par une dose de fantaisie, laissant place à l’improvisation et à la rêverie. Je n’aime pas les agendas surchargés, les menus pour la semaine. C’est essentiel pour moi, sans cette dose de décalage et de fantaisie, je trouve la vie triste. Et je pense aussi que c’est important pour eux.

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi dans la gestion d’une famille
nombreuse ?

Indéniablement, le plus difficile est de gérer ces différents niveaux de communication, de langage, de psychologie…. Dus à leurs âges différents, et aussi à leurs personnalités.
J’ai souvent l’impression de perdre mon latin, de faire un numèro d’équilibriste entre les
besoins de chacun, de devoir passer du coq à l’âne de manière incessante, de devoir suivre plusieurs conversations à la fois… j’ai la tête bien remplie à la fin de la journée.
Et je ne parle même pas de la difficulté de passer, en quelques secondes, du rôle de
maman/éducatrice à celui d’épouse/femme/adulte… Il y a des soirs où je ne sais plus trop
qui je suis et quel rôle je suis censée endosser. Même si au fond, j’adore ce tourbillon du
quotidien… il faut un sacré entrainement pour le vivre, chaque jour, sans exception, et être au RDV et répondre aux attentes de chacun.
J’apprends, aussi, petit à petit, à composer avec cette sensation d « ambivalence ». Je
découvre, enfant après enfant, que cette ambivalence ne me quitte pas : elle est même
inhérente à la maternité.
Sur les quatre, au même moment, il y en a toujours un qui m’agace, un qui me fait fondre, un qui m’émeut, un qui me surprend… et jour après jour, malgré mes anticipations et prévisions (on passe beaucoup de temps, chaque soir, à parler éducation et faire le point sur notre façon de faire, avec Jean-Chou), ce n’est jamais ce à quoi je m’attendais qui arrive. Il faut sans cesse s’adapter, accueillir les émotions de l’enfant en face de soi, se remettre en question, et cela ne rentre jamais, absolument jamais, dans les cases qu’on avait imaginées. J’apprivoise tranquillement cette idée : je sais que l’ambivalence maternelle est normale, j’apprends à ne plus lutter contre ce sentiment au premier abord un peu culpabilisant, mais à en faire une force : elle me rappelle, chaque jour sans exception, qu’il n’est ni pertinent, ni encore moins souhaitable, d’essayer de coller une étiquette sur chacun de ses enfants. Tout est fluide, tout bouge tout le temps… certes c’est inconfortable, mais c’est passionnant : cela nous pousse, nous parents, à essayer d’être plus intelligents. Mais il y a des soirs où c’est fatigant !
Et puis vient un moment dans la soirée où ils sont enfin tous couchés… et cette impression d’avoir été secouée dans une boule à neige toute la soirée retombe peu à peu. Je relève la tête du guidon et ai l’esprit un peu plus clair pour analyser mes réussites et échecs de la journée, avec chacun de mes enfants.
Émotionnellement, pour élever des enfants, il faut tout de même avoir le cœur bien
accroché.

Qu’est-ce qui te manque le plus, que tu ne fais plus assez souvent
depuis que tu as quatre enfants ?

On peut penser à mille choses : le sommeil, les voyages, la liberté, les
week-ends à deux…je suis une amoureuse, assez fusionnelle, alors
j’aimerais souvent avoir plus de temps avec mon mari, juste tous les
deux… On n’a pas des grands-parents disponibles au quotidien pour nous,
et donc pas une grande liberté pour s’improviser des moments…
Mais au fond, après avoir fait ma petite liste de choses qui manque, je
réalise surtout que rien de tout ça ne me manque tant que ça.
Je pousse même régulièrement un ouf de soulagement, quand je repense à
ce qu’était ma vie d’avant, et à celle qu’elle est devenue aujourd’hui.
On a bien profité, on était étudiants puis on a travaillé à Paris, on a fait la
fête, on a voyagé, on a fait des grasses matinées à n’en plus finir, sans
réaliser à quel point nos journées étaient longues et extensibles, comparé à
maintenant.
Et pourtant, je suis plus heureuse que tout d’être passée à autre chose,
cette évolution est normale… je ne me voyais pas rester toute ma vie dans
cette vie « juste pour moi ».
Pour le sommeil, j’ai souffert avec mon premier enfant, de moins en moins
ensuite. Comme si je m’étais améliorée, comme si on avait « muté » ! On a
aussi pris de meilleures habitudes, on s’alimente mieux, on a perdu du
poids, on fait du sport, on continue à profiter de la vie, mais on fait la fête
aux « heures ouvrables », maintenant !… on a l’impression d’être en
meilleure forme avec 4 enfants qu’avec un seul.
La question du sommeil n’existe presque plus aujourd’hui, c’est assez
étonnant. Certes, j’aimerais pouvoir dormir plus le matin, quand je compte
mes heures de sommeil je n’en ai clairement pas assez… mais je n’en fais
pas une maladie, je crois que j’ai beaucoup lâché prise sur la question. Je
suis un peu fatiguée tout le temps, mais cela ne m’empêche pas
spécialement de vivre. Et puis avec plusieurs enfants, des reveils chaque
nuit, on apprend à dormir comme les marins…
Pour les voyages, on continue à en faire, avec les enfants. Même s’il nous
arrive, rarement, de partir en week-end tous les deux (les grands-parents
ont une vie bien occupée, et plusieurs petits-enfants, mais réussissent tout
de même à nous soulager !), on se fait souvent la réflexion qu’au bout de 3
jours, on est heureux de retrouver nos enfants. On adore voyager avec eux,
d’ailleurs, on ne s’en prive pas, et on ne s’arrête pas à toutes les
contraintes liées à leur âge. On a déjà fait plein de petits voyages avec les
enfants, visité des capitales européennes et des pays étrangers, etc… ce
sont des moments passionnants et magiques, peut-être même plus simples
que le quotidien.
Non, vraiment, il n’y a rien que je regrette vraiment. J’ai souvent
l’impression d’être plus libre aujourd’hui qu’avant. Même si le tourbillon du
quotidien nous emporte et que tout doit être organisé aujourd’hui, alors que
plus jeunes on avait le champ des possibles ouvert chaque jour devant
nous, on met bien mieux à profit nos petits moments libres, aujourd’hui…une soirée au resto (merci à notre petit voisin lycéen qui est aussi notre
baby-sitter) On sait la valeur qu’ils ont et on en profite à fond… ils ont plus
de saveur et d’intensité.

Quelles sont les erreurs que tu as faites avec les premiers, que tu as
pu corriger au fur et à mesure des maternités ?

Alors comme dans la question précédente, je répondrais que je ne suis pas
quelqu’un qui vit spécialement dans les regrets. Je ne saurais identifier de
réelles erreurs que j’aurais commises… j’ai tâtonné, ça oui, mais tout ce qui
a eu lieu dans le passé, tous mes apprentissages de mère, sont ceux qui
ont forgé celle que je suis aujourd’hui. Et quand je vois ma fille aînée, et
mes autres enfants, c’est plutôt un sentiment de fierté qui domine, celui de
me dire « on s’est bien débrouillés jusqu’à présent ».
Alors oui, si je croisais aujourd’hui la mère que j’étais il y a neuf ans, je
l’enjoindrais à profiter plus du moment présent, ne pas trop « avoir hâte »
(qu’elle grandisse, qu’elle fasse ses nuits, qu’elle soit plus facile, etc…)…
car les difficultés n’ont qu’un temps, et laissent la place à de nouvelles. La
maternité est un défi au quotidien, et le sera encore dans dix ans, alors il
faut essayer de profiter de chaque moment. Même si avoir un premier
enfant, c’est difficile sur plein d’aspects, et qu’on ne peut pas demander à
une jeune maman d’avoir un recul impossible à cet instant T.
Avec jean-Chou on se dit souvent qu’on n’a pas la sensation de n’avoir pas
assez profité, d’ailleurs. Même si on oublie beaucoup de choses, j’ai eu la
chance d’avoir eu beaucoup de temps à consacrer à mes enfants, j’ai écrit
des billets sur mon blog, fait des photos, essayé de documenter au mieux
mon quotidien, de mettre le plus de mots et d’images possibles sur mes
émotions du moment pour les retenir au maximum. C’est important pour
moi.
Mais sinon, il y a neuf ans nous n’étions pas les mêmes parents
qu’aujourd’hui. De l’eau a coulé sous les ponts, on a évolué, on s’est
détendus sur certaines choses, la vie professionnelle de Jean-Chou devient
de plus en plus prenante, il y a eu, comme pour tout le monde, des
problèmes de santé, des épreuves, la vie a eu un peu plus le temps de
nous égratigner… tout cela fait de nous des parents peut-être un peu plus
« sages » et philosophes qu’au début.

Si tu avais une baguette magique, tu changerais quoi dans ta vie
aujourd’hui ?

Des vacances au Club Med (tellement bon pour se retrouver en couple…)
remboursées par la sécurité sociale chaque année ? Une jolie porte, que je découvrirais dans mon couloir, et qui, en s’ouvrant, donnerait sur tout un
tas de nouvelles pièces ! (un jardin, une salle de jeux insonorisée et
matelassée, un atelier d’artiste pour y mettre mon matériel de couture, ma
peinture, une salle de « liberté » sur les murs de laquelle les enfants
pourraient écrire et dessiner, une salle de lecture pour y entasser tous mes
livres, une salle de télé pour virer enfin cet objet du salon…)
Avoir moins besoin de sommeil, pour pouvoir avoir plus de temps pour
écrire, créer, coudre, cuisiner, lire, etc…
Bon… et puis surtout, j’aimerais m’en servir pour assurer un avenir heureux
à chacun de mes enfants. Qu’ils ne soient pas trop malmenés par la vie.

Si tu ne devais donner qu’un seul conseil à une jeune maman ?

On a besoin de conseils, quand on est jeune maman… mais quand on les
demande !Je dirais à une jeune maman de demander conseil uniquement à des gens
qui lui veulent du bien, à ceux qui l’inspirent, qui lui paraissent avoir une
compétence.
Fuir internet, les réseaux sociaux, les forums de discussions, qui donnent
lieu à des prises de position complètement extrêmes, des prises de chou,
voire des combats de mères complètement ridicules. C’est une perte de
temps et d’énergie.
La maternité n’est pas une nouvelle religion rigoriste, avec tout un tas de
commandements à respecter… certaines mamans sur le net se
transforment en véritables dames patronnesses, à prêcher la bonne parole,
version ultra-orthodoxe (allaitement, péridurale, co-dodo, couches lavables,
bienveillance et j’en passe), et je trouve ça délétère.
La maternité ne doit pas trop se théoriser, elle doit se vivre, avec de vrais
êtres humains en guise d’entourage. Et l’éducation se réfléchir en couple,
chaque jour. Pas avec la société tout entière, mais déjà à deux. C’est une
affaire privée…pour aider les enfants à s’intégrer au mieux à cette fameuse
Société.
Je suis assez exaspérée par ces modes et ces étiquettes, ces courants
éducatifs qui visent à enfermer les mamans dans des cases.
Personnellement je me fie d’abord à mon instinct, aux valeurs qu’on m’a
transmises, à mon héritage. Auxquels j’ajoute ma touche personnelle. Je
pioche aussi des « astuces » un peu partout.
Je suis une mère bienveillante mais qui crie parfois sur ses enfants, je suis
une mère qui en a allaité un et donné le biberon à trois autres, je suis une
mère qui n’a pas fait de co-dodo mais qui adore le portage, je suis une
mère qui fait des petits-pots maison parce qu’elle aime cuisiner, qui mange
beaucoup de légumes mais qui ne dit pas non à de la bonne barbaque bien
saignante et à du bon vin et des mojitos. Je suis une mère qui a béni l’anesthésiste, à chaque fois, de lui avoir posé la péridurale, je suis une mère qui fait du yoga et aime la nature.
Bref être mère c’est être unique, ce n’est pas faire partie de telle ou telle
tribu revendicatrice.
Et élever un enfant, ce n’est pas de la bigoterie, c’est de la foi ! C’est une
mission importante, et même supérieure, à mes yeux. Ce n’est pas cocher
toutes les cases d’une liste de petits comportements de puériculture à
adopter… c’est surtout une affaire de vision, d’ambition, de valeurs et de
transmission : et pour cela, il y a mille chemins possibles à emprunter. On
peut être créatif ! tout en faisant comme on peut…
Le critère le plus essentiel étant de vouloir donner son maximum pour son
enfant. Et vous savez quoi ? au fond, qui s’intéresse, face à un jeune homme de
vingt ans, au fait qu’il ait été allaité ou non, qu’il porté des couches lavables
ou pas ? rien de tous ces petits rituels n’assureront son bonheur ou sa
santé éternelle. Et puis ça se saurait s’il y avait une médaille à la fin, ou si
sur les épitaphes des tombes des mères on écrivait « a allaité ses
enfants »)
Je conseillerais la même chose pour son couple : ne pas se laisser trop
influencer par diverses théories extérieures. Ne pas entrer dans la
comptabilité au quotidien, essayer d’être le plus bienveillant possible l’un
avec l’autre. Laisser sa liberté et ses moments pour souffler à l’autre, ce qui
a des effets bénéfiques pour lui, notre couple, et notre famille, par ricochet.
Et inversement, évidemment, profiter à son tour de moments pour soi.
Ce qui compte c’est de trouver son équilibre, et c’est toujours un défi en
tant que parent. C’est un travail au quotidien.
Je me sens profondément féministe, même si je suis au foyer, que j’aime
que mon rôle de mère diffère de celui de père, que je me lève la nuit. Je
n’arrive pas à me sentir « adaptée » aux cases des formulaires de ce qu’est
une bonne mère et femme du XXIème siècle. Clairement, au bout du
quatrième enfant, j’ai l’impression très nette de m’être énormément libérée
de ça. Du soi-disant regard de la société sur moi (qui est en fait une grosse
perte d’énergie, et en réalité n’existe pas tant que ça, car au fond, la
société, elle s’en moque un peu, de moi… c’est peut-être nous-mêmes qui
nous mettons seules la pression, pour grande partie). Et c’est tant mieux !
Ah et puis oui, dernier conseil : essayer de ne pas trop culpabiliser pour des
broutilles au quotidien… il n’y a rien de plus inutile et mortifère que ce
sentiment.

Et le petit cinquième, il t’arrive d’y penser ?

Comme je le disais plus haut, je suis une somme d’ambivalences. Je ne
fais pas partie de ces femmes qui réussissent à dire « ah ! plus jamais ! fini,
j’ai donné ! »
Théoriquement, oui, on en a certainement fini avec la maternité (bon, c’est
ce qu’on disait après le troisième, huhu). La grossesse n’est pas une partie
de plaisir pour moi, et avoir consacré 36 mois à la Cause est déjà
honorable.
Et en même temps, je vis avec un bébé de un mois et demi à la maison, en
ce moment. Cette période est une vraie petite lune de miel… de ces
périodes qui nous font complètement fondre, un moment dans lequel on se
surprend à se regarder et à se dire « mais comment ne pas avoir envie d’en
faire un autre, quand on vit des moments aussi merveilleux ? » Ca reste
évidemment virtuel, concrètement je ne ressens pas de « manque de
nouveau-né », puisque je vis ce bonheur ici et maintenant.
Mais je commence à nous connaitre… et je sais que Jean-Chou et moi, on
s’épanouit dans notre rôle de parent. On aime vraiment ça.
Clairement, je crois qu’on va avoir besoin de s’occuper au mieux de chacun
de nos quatre enfants, et on mesure le travail que ça va être (et que c’est
déjà).
Et puis quand je pense que notre merveilleux bébé vivra lui aussi un terrible
two, se jettera par terre en hurlant quand je lui apporterai des coquillettes
au beurre (alors qu’il aurait préféré des farfalle à l’huile d’olive),
évidemment, ça calme nos ardeurs.
J’avais pas mal développé cette question du désir d’enfant, du potentiel
petit quatrième, dans un billet longuement réfléchi, intitulé « quatre ou pas
cap » . Donc je répondrai comme j’ai toujours répondu : j’ai 36 ans, je pense que
c’est fini, oui, mais on verra de quoi la vie sera faite … elle est pleine de surprises, et souvent plus forte que nous.

Si vous voulez retrouver l’univers de Marine, c’est aussi sur son blog et sur son compte Instagram !

20 commentaires sur “Maman puissance 4 : Découvrez Marine

  1. Wahou, la grosse dose d’inspiration là. Vraiment. Je la trouve épatante, dans sa philosophie. Et je nous retrouve beaucoup dans sa vision du couple, et de l’éducation. Bon j’en suis qu’à deux, bientôt trois.
    Et je suis complètement d’accord pour le sommeil. Avant j’en faisais tout un plat « mais je suis fatiguée », et maintenant et bien oui, je suis fatiguée, mais j’ai quand même la journée à gérer alors tant pis, on se couchera tôt ce soir et basta ! J’ai muté aussi je crois !
    Par contre, tes interviews me renforcent à chaque fois dans mon envie du 4e, mon mari va finir par t’envoyer un message ahahah.
    Des bisous.

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  2. Super interview, comme toujours. J’aime ces mamans inspirantes qui savent transformer les combats quotidiens en sillon tracés, et en vision d’une harmonie familiale heureuse, avant tout, avec ses couacs et ses grand huits. Ca donne envie 😀

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  3. Merci beaucoup pour votre accueil!
    J’ai découvert le blog Quatre enfants grâce, justement, à cette rubrique « Maman puissance 4 »! Je l’ai tout de suite trouvé très inspirante, alors je suis flattée de faire partie à mon tour de ce petit panthéon des mamans 😉.
    Merci encore.

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  4. Et bien vous allez rire, c’est chez le coiffeur pendant ma pause midi au bureau que j’ai tout lu. Maman de 4 enfants aussi travaillant à mi-temps, j’avoue que j’ai souri en lisant ce vécu de maman.

    J’ai éclaté de rire quand j’ai retrouvé des expressions communes comme l’organisation militaire, ou le nez dans le guidon… Moi je dis souvent aussi que notre vie est devenue très « rock ‘n roll » au quotidien, en général tout le monde comprend. Ou aussi qu’il y a beaucoup de vie / d’ambiance à la maison,

    Le côté prendre possession de son corps avec les grossesses et accouchements, assez bizarrement je l’ai eu aussi, même si la dernière grossesse des jumelles monozygotes avec un syndrome twin to twin et de fréquents A/R à l’hosto pour une opération au laser, des risques à n’en plus finir… Bref, une grossesse pourrie que je ne souhaiterais à personne , enfin c’est ce que je dis maintenant, mais pendant, même mon gynéco m’a dit après, qu’il n’avait jamais vu une personne aussi optimiste et positive. Bah oui, si moi je craquais, tout s’effondrait… alors dans ces cas là, c’est aussi tête baissée sans se retourner qu’on se dit. çà va aller, … il faut que çà aille, je dois y croire… ne pas craquer … je crois à ma bonne étoile… et j’aurai 2 beaux bébés sains…

    Le deuil des bébés, j’ai un peu dur pour le moment… les jumelles ont 16 mois, et elles ressemblent de plus en plus à des petites filles… sont à 2 doigts de marcher seules… Non je ne les pousse pas… non non non… mais çà arrive, … Je vois tous les autres enfants qui les dépassent chez la nounou… J’ai un petit pincement c’est vrai, mais elles pètent la forme, donc je m’en fous des théories à 2 balles… Comme si adulte, on va vous dire: ohlalala tu n’as marché qu’à 16 mois!!! Franchement?!

    Donc oui, à croire qu’avec 4, on prend du recul sur tout, on relativise. On fait de son mieux, et on lâche prise… du moins on essaye, car çà fait tellement du bien après tout.

    Bref, maman de 4… c’est une bien belle aventure que je partage. On se fait passer pour des veaux lunaires, surtout quand nous sortons à 6 de la voiture, mais que de bonheur.

    Bon ok au quotidien, les cris… sont parfois un aveu de fatigue… et j’aimerais aussi rester une mère douce et aimante et pas la fée carabosse qui sanctionne. Ou oui les larmes parfois et des soirées où l’on se demande comment c’est possible et le lendemain des anges à ne plus rien comprendre.

    Tout est question d’équilibre, et on rectifie comme on peut.

    Mais au final, avec 1, 2, 3 ou 4 enfants… je trouve que l’on suit notre fil rouge, notre logique de couple. On s’adapte, ne plannifie pas de trop, ou alors de manière plus large, certainement au niveau timing.

    Nous étions assez adeptes de « last minute » dans notre mode de vie… et bien, même encore maintenant, même si la logistique à 6 est lourde… nous le faisons encore! Des coups de tête allez hop… on y va… Disons que l’on prend juste en compte le temps de préparation parfois plus long.

    Pour les conseils / commentaires… Je redeviens m’enfoutiste comme quand j’étais célibataire fonceuse, tout sauf maternelle.
    Je n’écoute pas les médisants, les gens qui nous prennent en pitié, ou en horreur… En fait je les plains, ils ne doivent pas être très épanouis pour avoir cette vision là? si?

    Oui c’est du travail… c’est vrai… C’est parfois déprimant et décourageant… Mais quel épanouissement personnel. On en rit souvent…
    Je ne voudrais changer cela pour rien au monde. Quelle chance nous avons …
    En plus deux garçons et deux filles, c’est extraordinaire, non?

    La vie tourne beaucoup autour des enfants c’est vrai. Mais que l’on se sent orphelins quand ils ne sont pas dans la maison… on dirait que l’âme du lieu est partie…

    Bref… à chaque jour suffit sa peine, on fait de son mieux… Je confirme les restos à deux sont un luxe qui nous rappelle nos débuts de couple, et des soirées en toute simplicité où nous nous retrouvons. Les weekends, sont plus compliqués à organiser, car 4 enfants, si nous çà ne nous fait plus peur, aux autres, cela parait une montagne infranchissable.

    Alors je comprends … quand tu dis un petit 5ème…. Moi l’âge est là, donc la question ne se pose plus, mais quel bonheur de les voir à 4, jouer, se chamailler, se réconcilier, … C’est une expérience incroyable, extraordinaire, un bonheur décuplé. Ce sont toujours les petits tracas en fait qui nous font peur… car rien n’est impossible.

    Les journées marathon, je les vis aussi, mon mari ne rentre qu’à 20h30-21h tous les soirs… j’ai fait le pari de re-travailler à mi-temps depuis janvier, en me disant: on verra, j’essaye de voir si ce n’est pas trop, mais j’essaye… et franchement après 9 mois… je trouve que l’équilibre est là… çà va… c’est jouable…

    Les maladies et le stress…. avec 4, on s’adapte de plus en plus vite sans doute? J’ai déjà rigolé quand je me rendais compte que je n’avais pas de solution pour le lendemain…. et en soirée… tout est réglé…. malgré des grands parents qui habitent trop loin.

    Je ne crois pas être cool baba cool, au contraire je me trouve encore trop rigide, mais je m’adapte, je me contente de ce que je peux faire, et dans les jours plus difficiles, j’ai appris la simplicité à demander de l’aide. Oui c’est dur…. indépendante de nature, une maman aussi a besoin d’aide parfois.

    Lire le vécu d’autres mamans de familles nombreuses, me fait un bien fou. Je ris bien souvent, et je vois toutes les similitudes… souvent les crises et le lâcher prise en commun. Les tuyaux et astuces sont toujours bonnes à prendre: je me dis: ah tiens, çà je n’ai pas encore essayé.

    Bref… on sautille, on rebondit et ricoche, bon gré mal gré, mais qu’est-ce que j’ai du plaisir à vous lire… Cela me fait sentir « normale » et me donne un peps dingue…
    çà me fait penser, que je ne sais toujours pas ce que je vais cuisiner ce soir.

    S’adapter, lâcher prise, le nez dans le guidon, l’organisation / plannification et l’anticipation pour gérer au quotidien nos petits monstres… dans de mots qui font écho en moi.

    Allez… çà y est …. la tartine vous aura découragé….mais c’est tellement amusant de partager des expériences / des vies qui se ressemblent autant…. et qui pourtant doivent être si différentes.

    Bonne continuation les mamans bonheur. C’est vraiment génial.

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  5. Encore une nouvelle (et très belle) vision de la vie avec quatre enfants.Je me surprends à attendre cette rubrique avec impatience (peut être pour me rassurer? 😬). Et si jamais tu as besoin de maman-de-quatre -enfants à interviewer …

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