Maman puissance 4 : découvrez Sophie

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Aujourd’hui, c’est Sophie (Maman Trèfle sur Instagram), qui nous fait découvrir l’envers de son décor. Quatre tout-petits, une vie bien remplie, et même une citation de Dory (que j’adore) … Allez, je vous laisse entrer dans le petit monde de Sophie …

La famille nombreuse, c’était un rêve de petite fille ?

J’ai toujours imaginé ma vie avec plusieurs enfants. Deux au moins. Trois sûrement. Quatre souvent fantasmés, mais sans savoir si l’on franchirait le cap. Alors quand on a appris ma troisième grossesse, je me suis dit, celle-ci, vis-la comme si c’était la dernière… ce que j’ai fait, à regrets et avec, déjà, une méchante nostalgie. Un mois plus tard, on apprenait qu’on attendait des jumeaux… Merveilleux coup du destin… Cette décision qu’on n’arrivait pas à prendre, c’est la vie qui l’a prise pour nous !? Passé le choc de la nouvelle (oui parce que quatre enfants, on l’avait envisagé… mais des jumeaux ça, ça ne nous avait jamais traversé l’esprit !), on s’est senti infiniment chanceux et prêts à relever le défi.

Raconte-nous quelques jolis souvenirs de tes grossesses et de tes accouchements.

J’ai eu une chance folle, trois grossesses sans aucune complication. Quatre bébés tellement bien installés que je ne suis jamais entrée en travail naturellement, c’est ma seule frustration. Moi qui rêvais d’imprévu, de perte des eaux inopinée, de virages au frein à main sur le parking de la maternité, bah c’est raté… (« Bonjour, j’ai rendez-vous pour accoucher – je suis coiffée, maquillée, épilée, et je suis certaine de n’avoir rien oublié puisque ma valise est prête depuis cinq semaines !!! ») J’ai donc vécu deux accouchements voie basse déclenchés (pour Nina à 41SA+6 et Alban à 41SA+4) et une césarienne programmée (pour Maël et Timothée à 39SA+2)… Alors oui, pour l’effet de surprise on repassera, mais avant tout je mesure la chance que j’ai d’avoir accouché à terme, de bébés bien portants.

Parmi mes plus beaux souvenirs… il y a, après chaque naissance, le tout premier seul-à-seul. Ce calme après la tempête, après le tumulte de l’accouchement, après les coups de fil et les félicitations, quand l’équipe médicale s’est retirée et que mon mari est rentré à la maison. Quand pour la première fois, je me retrouve seule dans ma chambre d’hôpital avec mon (mes) bébé(s) endormi(s). Le silence. Et rien d’autre à faire que de le(s) contempler et m’émerveiller.

Je pense aussi à la première rencontre entre frère(s) et sœur, quand Nina a découvert Alban, puis quand tous les deux ont découvert Maël et Timothée… ce sont des moments très marquants qui m’ont beaucoup émue (beaucoup beaucoup).

À quoi ressemble une journée type de ton quotidien ?

A une habile répartition des tâches entre mon mari et moi ! Sachant que les choses sérieuses vont réellement commencer mi-janvier, à mon retour au travail (à temps partiel, 3 jours par semaine).

Le plus intense, c’est le matin… Mon mari prépare les deux grands, je prépare les deux petits. En théorie tout le monde doit être prêt à partir à 8 heures, autant dire qu’on n’a pas le temps de rêvasser… Nina va à l’école tous les jours, déposée par son papa ; les trois garçons sont à la maison avec moi les lundi et mercredi, et chez leur nourrice le reste de la semaine.

Le soir, c’est moi qui récupère tout le monde entre 17 et 18 heures… On passe un peu de temps tous les cinq, on lit des histoires, on dessine, on improvise une boom ou bien je succombe aux sirènes des dessins animés en replay – qui me permettent d’avancer sur autre chose de mon côté (plier du linge au rythme du générique des Pyjamasques = un de mes petits plaisirs simples), avant de leur donner le bain vers 19 heures. Leur papa rentre à ce moment-là et le plus souvent, prépare le repas des enfants. Nina et Alban passent à table sous sa supervision, pendant que je finis de m’occuper des jumeaux et leur donne le biberon. A 20 heures, ils sont tous au lit (on a la chance d’avoir quatre bons dormeurs qui ne rechignent pas à aller se coucher !). Commence alors notre deuxième soirée – entre adultes, à base de plateau-télé/internet/tâches ménagères… Enfin (et surtout), on n’oublie pas de se simplifier la vie pour le lendemain, en programmant une machine et en préparant les sacs et la table du petit déj… Moralité : on n’est pas trop de deux pour tenir la cadence !

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi dans la gestion d’une famille nombreuse ?

Le linge ! C’est la première réponse qui me vient parce que justement, j’ai zappé une lessive lundi et que je l’ai payé toute la semaine… Mais globalement c’est ça, tout ce qui a trait aux tâches domestiques, à l’entretien de la maison, je trouve ça compliqué – parce qu’il y en a plus, avec quatre enfants. Plus de linge à laver, plus de chambres à ranger, plus de repas à préparer… et que les journées ne sont pas extensibles. Ca laisse donc peu de place à l’improvisation et si on veut s’en sortir, ça nous demande une discipline drastique (…au point que j’ai même téléchargé une appli pour mieux gérer la fréquence des tâches de notre to-do-list ! haha si on m’avait dit ça…). Mais le pire avec les corvées ménagères, c’est le temps qu’on y passe ; du temps qu’on ne consacre pas à nos enfants, quand justement, l’un des défis de la famille nombreuse, c’est de pouvoir s’accorder des moments de qualité avec chacun.

Qu’est-ce qui te manque le plus, que tu ne fais plus assez souvent depuis que tu as quatre enfants ?

De fondamental, rien du tout. De superflu, je dirais peut-être les voyages… On les a mis en stand-by depuis la naissance de Nina il y a 5 ans, et je pense qu’on en a bien pour 5 années encore avant d’envisager une expédition quelconque dans un pays étranger. Ce qui, de toute façon, est au moins le temps qu’il nous faudra pour provisionner la dépense (gloups)… Oui car, ce que je n’ai pas précisé, c’est que jusqu’à maintenant, on n’est pas décidés à partir à deux. On en ressentira peut-être l’envie un jour, mais pour l’instant, nos hypothétiques voyages on ne les imagine qu’à six ! Alors il va falloir patienter encore quelques années…

Quelles sont les erreurs que tu as faites avec les premiers, que tu as pu corriger au fur et à mesure des maternités ?

A la naissance de Nina (l’aînée donc), durant ses tout premiers instants de vie, je me rappelle avoir pensé : je veux la protéger, de tout, toujours ; qu’il ne lui arrive JAMAIS RIEN. Mais avec le temps, je réalise que cet admirable élan maternel a ses limites. Qu’on a vite fait de tomber dans un excès de contrôle et d’assistance, qui ne sert pas l’épanouissement de nos enfants – avides d’expériences, de découvertes, de salissures… Alors avec Alban notre deuxième, et d’autant plus avec Maël et Timothée nos petits derniers, je commence à lâcher prise, à modérer mes ardeurs de mère couveuse, à protéger sans surprotéger. Bref, j’apprends à faire taire, ou seulement chuchoter, le « Marin » qui sommeille en moi. Mais siii, Marin, le papa de Nemo (hm, on a les références qu’on mérite), qui a promis à son fils qu’il ne lui arriverait jamais rien. Et à qui Dory réplique : « Bah si tu fais en sorte qu’il ne lui arrive jamais rien, il risque de ne jamais rien lui arriver … (il va s’ennuyer le petit Harpo !) » …A méditer.

Si tu avais une baguette magique, tu changerais quoi dans ta vie aujourd’hui ?

J’aurais bien envie de changer le regard que les inconnus portent sur nous, quand on est ensemble tous les six ! Ces gens qui nous dévisagent ou commentent à voix haute et qui, bien souvent, ne brillent pas par leur amabilité. Certains sont juste maladroits, un peu intrusifs ; d’autres carrément blessants – involontairement je n’en doute pas. On a vite compris que pour la plupart des gens, avoir des jumeaux ET quatre enfants, ça sonne comme une double peine… Enceinte déjà, j’en ai eu un bon aperçu et, bien que très heureuse et d’ordinaire plutôt causante, j’ai fini par éviter de dire que j’attendais des jumeaux ou qu’on avait déjà deux enfants, tant les réactions étaient hostiles. Et depuis ça n’a pas changé. On ne compte plus les « Bah je vous souhaite bien du courage ! » ou les « Eh ben moi j’en voudrais pas… », assénés par de parfaits étrangers. Alors heureusement, ça ne nous affecte pas parce qu’on n’a pas des natures à se miner. Mais simplement, ce n’est pas plaisant, on s’en passerait bien.

Si tu ne devais donner qu’un seul conseil à une jeune maman ?

Trier les photos au fur et à mesure ! Parce que devenir parents, c’est devenir paparazzi ! Et quand j’allume notre ordinateur et que mes yeux se posent sur le dossier « A TRIER » qui contient des photos de 2012, ça me désespère…

Plus sérieusement, un conseil que je me suis donnée à moi-même (surtout depuis qu’on est six à la maison) c’est de mettre la barre un peu moins haut, dans notre organisation au quotidien. Accepter que tout ne soit pas parfait ou pas comme qu’on le voudrait. Quand les lits ne sont pas faits, quand les enfants sautent un bain, quand ils mangent des croque-monsieurs deux soirs d’affilée… bah c’est tant pis. Et surtout, ça n’est pas grave. Ca ne mérite pas d’être une source de stress pour les parents ou de pression sur les enfants – ce serait trop cher payé. Autant réserver son énergie pour les choses plus essentielles (à chacun, d’ailleurs, d’établir son échelle d’importance selon ses propres critères).

Et le petit cinquième, il t’arrive d’y penser ?

Contre toute attente, oui. Je me croyais à l’abri, en paix avec moi-même (« allez maintenant c’est bon, on en a quatre, on est comblés, je peux passer à autre chose… »), pourtant j’ai du mal à accepter que ce soit fini. Que je ne mettrai plus d’enfant au monde, qu’on ne connaîtra plus cet éblouissement. Que tout ce qu’on vit en ce moment, avec Maël et Timothée, on ne le vivra plus. Que toutes leurs premières fois, ce sont des dernières fois. D’ailleurs un « petit cinquième » n’y changerait rien. Quatre, cinq, dix enfants, peu importe le nombre, ce qui m’est pénible c’est de tourner cette page de la vie. Mais ça me passera, avec le temps. Et surtout, je suis consciente d’être une grande privilégiée, j’ai la famille dont je rêvais, quatre enfants en pleine santé… je ne changerais ça pour rien au monde !

44 commentaires sur “Maman puissance 4 : découvrez Sophie

  1. Merci pour ce beaux témoignage. Beaucoup de choses en commun.
    Le grand avantage des 4 et des jumeaux sur la fin (jumelles pour moi), c’est que le lâcher prise est obligé, et bon nombre de décisions coulent de source, là où avant on aurait encore pu hésiter.
    Pareil pour le regard des gens… j’évite au max les sortie à 6, même si on en rit, finalement notre plus grand bonheur, ils ne le connaissent pas non plus.
    Bonne continuation. Et oui je confirme pour les photos 😀

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  2. Magnifique interview 🙂
    Je crois que chaque femme, quelque soit le nombre d’enfant, doit passer par cette phase de « deuil de la fécondité ». Une phase par laquelle je ne pas encore prête à passer!

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  3. Bonjour,
    Je souhaiterai avoir 5 enfants , je trouve ça vraiment beau d’avoir une grande famille. Pour l’instant , nous avons une petite fille de 3 ans et un garçon de 1 an. Nous n’allons pas nous arrêter là (enfin j’espère). En tout cas, bravo à vous et super article au passage 🙂
    Cédric , Papa Ratatam

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  4. Magnifique portrait !
    Chez nous aussi les remarques des gens sont parfois peu aimables ou maladroites… surtout que je suis la plupart du temps seule avec les 4… ce n’est pas très agréable mais j’ai appris à en jouer. suivant le tons, des fois je dit que  » j’en ai laissé à la maison  » et m’en vais sans laisser le temps de poser une question : les têtes des petites Mamis sont a mourir de rire !!
    mais dans tous les cas, ce que ces gens de savent pas, c’est que au delà du travail que ça représente une famille nombreuse c’est avant tous beaucoup d’amour et de bonheur que l’on partage !! malgré que je trouve ces temps plus rare que les temps de conflits, mais avec 4, il y a 4 fois plus de chance de conflits…

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  5. « Peu importe le nombre, ce qui m’est pénible c’est de tourner cette page de la vie ».
    Si bien dit…. je compatis totalement. J’en ai 3 et je vais m’arreter là c’est sûr, et pourtant je me rassure en me disant que je peux toujours en faire un 4e…

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  6. Incroyable à quel point nos parcours sont similaires! Deux beaux petits bruns depuis Octobre 2017 (Tim & Noah), après Noëmi (2013) et Raphael (2014) – et jamais de paniques nocturnes suite à une perte inespérée des eaux non plus 😦
    Deux déclenchements à 41+ et cesa programmée. Bref je m y retrouve tellement, sur les commentaires inconcevables reçus pendant la grossesse aussi (« eh ben vous avez du courage » ) Mais aussi la joie incroyable depuis la nouvelle du +2 et l’amour FOU ressenti instantanément. Bref je m’en vais de ce pas follow MamanTrefle comme ça je saurai ce qui m’attend dans 4mois 🙂
    Melanie

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  7. C’est fou les remarques des gens 🤤, alors que moi, je rêve de 4 enfants et pourquoi pas des jumeaux 😉 (tant qu’à faire parler les gens, autant le faire bien 😊). En tout cas, encore un témoignage qui renforce mon envie.
    Et je rejoint Maman Trèfle, même si pour des raisons organisationnelles on va voyager un peu sans eux, pour moi, c’est une évidence de leur faire découvrir le monde avec nous (quand on aura fini les travaux de la maison 😅)

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  8. Sophie, trop contente pour toi de cette interview, en plus tu me fais découvrir ce super blog (qui va je n’en doute pas motiver Laurent pour le 4ème — qu’en penses tu ? 😀 )
    En tant que témoin des événements cités, je vous le dis tout est vrai, et la zénitude de Sophie devant ce challenge est incroyable. Comme si tout coulait de source.. Mais petite cachottière tu ne m’avais pas dit que tu avais une appli 😉
    Vous êtes une magnifique famille tous les 6, on vous aime ❤
    (AL, mumof3)

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  9. En fait pour tous les commentaires désobligeants, de la famille, des amis… Je me dis souvent qu’ils sont tellement à côté de la plaque.

    Des vacances à 6: « oh non, pas plus de 2 enfants sinon on n’en profiterait plus », bref … L’égoïsme des gens me choquent souvent. La norme c’est 2.
    Quand nous avons voulu 1 petit 3ème on nous prenait déjà pour des grands malades, alors le coup des jumelles, c’est de la pitié que les gens nous témoignent.

    Et pourtant, hormis la fatigue, le travail, les disputes que cela représente, tous les soirs, absolument tous les soirs nous nous disons: quel bonheur, mais quelle chance nous avons! Mon rêve d’avoir des enfants qui développent une solidarité entre eux… et bien, voilà, je l’entrevois et ils me comblent de bonheur.

    Alors oui la vie est Rock’n Roll, maman pète de temps en temps une durite avec toutes leurs disputes…. mais quelle chance nous avons.

    Bizarrement nous faisons peur aux gens ….ou ils nous admirent….
    Grâce à cela, nettement moins de jalousie à notre égard, et çà, perso, çà me fait un bien fou!

    Nous avons failli les perdre, et grâce à la médecine, notre bonheur est un peu comme un miracle rendu possible. Cela change le regard que l’on a sur la vie, les autres…

    J’espère quand même qu’un jour, les familles nombreuses comme nous, redeviendrons « la norme », ne fût-ce que pour avoir une société plus solidaire et spontanée.

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  10. J’adore lire les portraits de maman puissance 4, et celui ci encore plus car je m’y retrouve vraiment (pas que parce que j’ai aussi zappé la lessive de lundi…).
    On voulait 3, peut-être 4… pas sur… et la vie a décidé pour nous (bon elle a du coup éliminé la dernière tentative de fille, mais bon, personne ne me piquera mon maquillage comme ça!)
    Et le plus dur à gérer, je trouve moi aussi que c’est l’intendance de la maison, qui me pompe mon temps alors que je préfèrerai allez construire la mega tour duplo avec eux…
    Par contre, je sais pas si c’est parce que j’habite à la campagne, mais ici les gens ne font pas trop de commentaires déplacés, c’est plutôt dans le registre « quelle belle famille vous avez là » ou alors les gens sont tous hypocrites!
    En tout cas j’aime « rencontrer » ces personnes puissance 4, dans les portraits ou les commentaires, merci à toutes et tous de dévoiler un peu de vos vies particulières et merci à Agnès pour ce partage!

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    1. Moi j’habite en ville et je ne reçois aussi que des gentils commentaires la plupart du temps. On fait partie des chanceuses … ou des filles si concentrées sur leur progéniture qu’on n’entend pas les remarques désagréables 😂

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  11. Je ne connaissais pas Maman Trèfle et j’adore ce que je découvre d’elle!! Ca me donne vraiment envie d’aller la découvrir un peu plus sur IG! Merci 🙂

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