Maman Puissance 4 : Découvrez Marie

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Nouveau portrait de mère qui déchire ! Elle est française expatriée au Texas, et nous raconte aujourd’hui son quotidien à l’américaine …

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Je m’appelle Marie. Mon mari et moi sommes francais. Nous sommes partis vivre au Texas avec son travail en 2010. Nous sommes les parents de deux petites filles de 6 et 5 ans et de deux petits garcons de 1 an. Tous les enfants ont donc la double nationalite et surtout la double culture!

La famille nombreuse, c’était un rêve de petite fille ?

Pas tellement. Même si j’ai toujours voulu des enfants, je me voyais plutot avec un schéma classique de 2. Mon mari, étant l’ainé d’une fratrie de 4, avait plutot envie de reproduire le schéma familial. Apres les naissances de mes filles, je savais que je n’aurais le droit qu’à une derniere césarienne. Quand on évoquait ce probleme mathématique avec des amis ou la famille, les gens rigolaient en disant “ vous n’avez qu’a faire des jumeaux”… Et bien on a suivi leurs conseils!

Notre famille n’a pas du tout ete programmée ou réfléchie. Et franchement on aurait voulu qu’on aurait pas aussi bien fait. Je suis hyper heureuse de cette repartition, mes deux duos très complices! 4 enfants en 5 ans, c’est un bon départ pour qu’ils s’entendent bien entre eux, ne s’ennuient jamais et nous fassent vivre de bons moments je pense!

Raconte-nous quelques jolis souvenirs de tes grossesses et de tes accouchements.

Toutes mes grossesses et mes accouchements ont eu lieu au Texas. Ce qui fait que n’ayant jamais vécue ça en France, je connais mieux le vocabulaire technique de la maternité et de la puericulture en anglais qu’en francais.

Ce que je retiendrai de ces trois grossesses, c’est au départ, l’incrédulite. N’ayant jamais connu de nausées, je ne me sentais pas enceinte les premiers mois. Je doutais même du test, il m’a fallu les premieres échographie pour rendre le tout reel dans mon cerveau. Et puis apres, quand ca se voyait: c’etait le bonheur! J’ai adoré être enceinte. Ça m’a vraiment appris à aimer et respecter mon corps avec lequel j’etais pas super à l’aise avant.  Bizarrement contrairement à d’autres aspects de la maternité, j’ai été de plus en plus angoissée à chaque grossesse, en même temps j’ai fini sur une grossesse “à risque” qui s’est finalement extrêmement bien déroulée.

Premier bébé, avec un accouchement déclenché et une cesarienne d’urgence, je n’ai pas eu le choix pour le deuxieme exactement un an après: cesarienne d’office. Et pareil pour les jumeaux. Cesarienne. Ca ne m’a pas dérangée, meme si j’ai un peu l’impression d’etre une imposture: trois grossesses sans contractions. J’ai apprécié tous les matins de mes accouchements de savoir que ça allait être aujourd’hui que je me coucherai le soir suivant avec un enfant en plus et de m’eviter l’angoisse du “ ça peut arriver a n’importe quel moment”.

Et pour finir le souvenir de l’écho ou nous avons decouvert les jumeaux restera gravé dans ma mémoire pour toujours: Un été en France en ballotage entre deux pays. J’ai quitté l’Angleterre enceinte de quelques semaines et nous devions nous reinstaller au Texas debut août. Comme ce n’etait pas notre premier rodéo , on savait que pendant que les papiers se font, on n’aurait pas d’assurance santé tout de suite (et aussi que ça nous coûterait moins cher), donc on décide de faire une echographie en France avant de partir histoire de se rassurer, je n’avais consulté personne depuis mon test en Angleterre. Déjà première galère, trouver un échographe autour du 14 juillet…

Finalement on obtient un rdv avec un homme sage-femme quelques jours avant notre départ. Ce docteur a été tellement bienveillant que j’ai eu envie d’annuler tout et de rester en France juste pour accoucher avec lui. Il nous l’a annoncé tres simplement, a pris le temps de tout nous expliquer. Comme c’etait très tôt dans la grossesse on a su tout de suite que ce serait des jumeaux identiques (un seul placenta). Tout ce que je sais des jumeaux monozygotes, je le dois à ce docteur, et ce sont ses explications que je ressors dès qu’on me demande si “il y a des jumeaux dans ma famille?”. A la fin de l’écho, il s’excuse de devoir nous faire payer plein pot pour la consultation commme on n’a pas de carte vitale: 45 euros. Nous lui avons envoyé un courrier de remerciement apres la naissance en lui expliquant qu’aux US, chaque échographie est facturee deux fois (beh oui il y a deux bebes) et que le montant total des echos pour ma grossesse était proche des 9.000 dollars!

À quoi ressemble une journée type de ton quotidien ?

On vit au rythme americain depuis que nos ainées vont à l’école publique. C’est-à-dire: tout plus tôt qu’en Europe. Lever 5h45, lunch 11h, diner 18h et coucher 19h. Au début c’est un peu choquant, et puis de toutes facons comme il faut prendre le bus (le jaune, comme dans les films!) très tôt, on s’adapte.

J’ai les jumeaux avec moi le matin. On va au parc ou chez des copines. Et l’après-midi une nanny americaine vient à la maison s’occuper des garcons pendant que je vais chercher les filles à l’ecole. Et après, je vais travailler en lui laissant les quatre à la maison. A 18h mon mari et moi revenons à la maison et c’est un peu la course pour caser le diner, la douche, les rituels du coucher avant 19h.

Aux US, l’ecole n’est obligatoire (et donc gratuite) qu’à partir de 5 ans. Ce qui fait qu’il y a énormément de choses de prevues pour les “pre-schoolers” qui restent à la maison en journee, comme des animations à la bibliotheques du quartier ou des groupes de mamans dans les parcs.

Beaucoup de mamans françaises qui vivent à l’etranger arrêtent de travailler: pour des raisons pratiques, économiques ou même administratives. Toutes ne vivent pas l’expérience de la même façon. Pour ma part, je suis contente d’avoir repris une activité récemment apres des années à la maison. Je monte et je joue des spectacles pour enfants en français, j’anime aussi des ateliers théâtre après l’ecole, toujours en français. J’apprécie d’être à mon compte et de pouvoir organiser mon temps comme je veux.

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi dans la gestion d’une famille nombreuse ?

La première chose qui me vient à l’esprit c’est le manque de temps individuel avec chacun des enfants et leur papa. C’est dur de passer du temps exclusif avec un seul membre de la famille. On a des petits rituels familiaux qui nous aident, comme des tours de paroles au diner.

La deuxième chose ce serait la vie sociale: aller chez les autres. Quand on est 6, c’est un peu le debarquement. Heureusement, les maisons américaines sont très grandes et nos amis ont aussi des enfants du même age, donc par exemple souvent je n’ai qu’un lit parapluie sur deux à emmener. C’est une chose que je ne voulais absolument pas sacrifier avec le fait d’avoir une famille nombreuse, alors on reçoit beaucoup chez nous. On sort. On profite de nos amis. C’est une difficulté majeure du fait d’etre expatriés, la famille est loin et on ne peut pas se faire relayer ou aider par les grands-parents.

J’ai aussi eu du mal à gérer le regard des autres: notamment sur l’ecart d’âge très court entre mes deux filles. Je ne saurais pas l’expliquer: je ne pensais pas qu’on pouvait me juger sur ce point.  Souvent quand je me promène avec les jumeaux les gens m’arrêtent pour me poser tout un tas de questions dont “c’est vos premiers?” et quand je réponds non 3eme et 4eme, leurs yeux s’arrondissent. Et quand il me demande l’âge des plus grands et qu’ils apprennent qu’on a eu 4 enfants en 5 ans, là, c’est la panique a bord! Je ne sais pas pourquoi ça me donne l’impression d’etre obligée de me justifier.

Qu’est-ce qui te manque le plus, que tu ne fais plus assez souvent depuis que tu as quatre enfants ?

Comme je le disais plus haut, il était très important pour moi de ne pas nous enfermer sur nous-mêmes. On continue, mon mari et moi, nos activités. C’est une question de volonté et d’organisation. On se relaie et on sort à tour de rôle au moins un soir par semaine.

En fait, rien ne me manque en particulier. J’ai l’impression de toujours trouver du temps pour moi. J’aime lire et écouter des podcasts par exemple. Et j’arrive à caser ça dans mes journées. Passer beaucoup de temps en voiture ou à attendre doit aider !

Pour ma première fille, j’avais l’impression que je devais ne m’occuper que d’elle dans la journée, que je devais stopper ma vie pour elle, et puis, je me suis vite rendue compte que ce n’etait pas pour moi et que ca ne m’empêchais pas de continuer mes trucs. Et puis rapidement, l’organisation de la maison m’a pris beaucoup de temps.

Quelles sont les erreurs que tu as faites avec les premiers, que tu as pu corriger au fur et à mesure des maternités ?

Clairement, au niveau de l’alimentation de mon ainée, on a rate quelques étapes dans le processus. Pendant longtemps elle ne mangeait que des purées. C’est quelque chose sur laquelle je suis plus vigilante maintenant avec les garcons.

Si tu avais une baguette magique, tu changerais quoi dans ta vie aujourd’hui ?

Aujourd’hui, il ne me manque qu’une seule chose: la teleportation! J’adore vivre a l’étranger, c’est sûr. Mais pouvoir rentrer voir ma famille quand je veux ou faire mes courses dans un magasin français, ce serait genial!

Je changerais aussi si je le pouvais cette incertitude avec laquelle nous vivons et que beaucoup d’expatriés connaissent: ne pas savoir combien de temps on va pouvoir rester dans ce pays, les contraintes administratives de visa, ne pas connaitre la prochaine étape. C’est dur de vivre sans pouvoir se projeter dans 6 mois, dans un an…

Si tu ne devais donner qu’un seul conseil à une jeune maman ?

Ma devise c’est “parents cools: enfants cools”! Je me sens pas toujours légitime à donner des conseils, parce que mes enfants sont pour l’instant (touche du bois) assez calmes et relax. Quand mes copines me demandent des conseils sur l’autorité par exemple, je ne sais pas quoi repondre…

En vrai, c’est tres bateau, mais : restez soi-meme, se faire confiance…

Et puis rigoler. Les enfants sont très fans de blagues et d’humour! J’ai longtemps été mal à l’aise avec les nourissons. J’ai compris que j’avais besoin d’une interaction sociale, intellectuelle. Maintenant que j’ai compris ça et que j’ai eu mes propres enfants aussi, je trouve que l’humour et les delires sont un élément indispensable à notre vie de famille!

Et le petit cinquième, il t’arrive d’y penser ?

Il m’arrive d’en cauchemarder, oui…

Nous avons mis toutes les chances de notre cote avec mon mari pour que ca n’arrive plus, mais comme j’ai déjà fait une grossesse sous stérilet, les jumeaux monozygotes et qu’on à l’air d’etre fort pour les statistiques proches du zero, je ne peux pas m’empêcher d’y penser tous les mois.

3 commentaires sur “Maman Puissance 4 : Découvrez Marie

  1. J’adore la dernière phrase 🙂
    Étant moi-même expatriée, je me sens moins seule à la lecture de cet article.
    Non, tout n’est pas facile pour nous comme les gens ont l’air de souvent penser et, comme le dit Marie, l’incertitude quasi constante et l’absence d’aide familiale rendent la parentalité plus difficile quand on vit à l’étranger.

    Aimé par 1 personne

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